La pensée néo Protectionniste

janvier 26, 2010

Un peu de théorie et de philosophie

1 – Le constat d’un échec

La crise financière de 2008 n’est finalement qu’un phénomène peu important par rapport à la gravité de la situation prise dans son ensemble : qu’est-ce que la perte de quelques centaines de milliards de dollars virtuels générés par une poignée d’imbéciles en costume coûteux par rapport à ce qui guette l’humanité engagée dans la pente mondialiste?

La véritable catastrophe sociale et économique qui se déroule sous nos yeux réside dans le sacrifice du rapport à autrui pour la seul satisfaction des pulsions individuelles. En effet, quel est le rapport que l’on entretien avec autrui quand on accepte de le voir vivre dans des conditions déplorable pour avoir le « plaisir » d’acheter plus pour moins cher ?

On pourrait éventuellement penser qu’être loin des yeux éloigne du cœur mais cette absence de rapport à l’autre se matérialise aussi par l’absence de considération pour les humains proches : nous savons qu’acheter un produit de PED revient souvent à financer des régimes douteux et nous nuisons à nos concitoyens, nos voisins, en détruisant leur emploi. Mais cela ne nous arrête pas car l’auto aveuglement égotique a désormais un prix, celui d’une paire de chaussures fabriquée par un humain payé 10$ par jour à des milliers de kilomètres de notre territoire national.

L’ultra individualisme post moderne de la personne physique rejoint le comportement néo capitalistique pure de l’entreprise qui consiste à ne voir dans le monde qu’une opportunité de gain sans attache nationale ni la moindre conscience du sort de l’autre. Le monde que nous préparons pourrait se décrire de la façon suivante : des entités micro-économiques dérivant au gré des opportunités d’offre dans un univers macro économique de production apatride. Rien qu’à le lire, on se dit que c’est pas terrible….

Cette sensation prégnante que notre propre univers nous échappe se ressent jusque dans les détails du quotidien où désormais l’homme plie son mode de pensée et son rythme de travail à la machine. Nous ne sommes plus hommes mais rouages interchangeable d’une architecture économique qui ne vit que par elle pour elle, sans aucun but réel de progrès universel. La machine financière est devenue autosuffisante et l’homme n’est qu’une donnée qu’on tente de rendre superflue, une variable d’ajustement en cas de convulsion systémique.

2 – La nécessité d’une autre voie

Le mondialisme capitaliste contemporain n’existe pas depuis la nuit des temps. Il est une résultante de l’accélération de la transmission de l’information et de la réduction de l’espace planétaire. Il s’est bâti sur l’opposition au système marxiste et tire sa légitimité de l’effondrement de l’URSS.

Mais quelle est la légitimité acquise par le simple échec d’un autre modèle? En réalité aucune : c’est comme si un psychopathe justifiait sa folie homicide en disant : « j’ai raison de tuer mes victimes au couteau parce que mon copain Hannibal s’est fait prendre en les tuant à la hache ».  C’est idiot? Fallait pas commencer.

Le Capitalisme a imprimé une idée simple dans les esprits : « je suis l’alpha et l’oméga économique parce que j’ai survécu aux théories totalitaires du XIXème et XXème siècle. Hors moi, point de salut ».

En l’absence d’opposition idéologique ou de proposition alternative audible, il est tout à fait normal que cette hégémonie se soit installée. De plus, les prémisses de la mondialisation ont apporté des effets positifs et un grand espoir en l’avenir. Malheureusement, nous avons déchanté lorsque les entreprises se sont adaptées à leur nouvel univers concurrentiel : un monde sans frontière où la survie passe par la réduction permanente des coûts de production.

Dès lors, les effets pervers ont commencé à poindre pour bientôt atteindre une situation paroxysmique qui mènera l’occident à sa perte. Devant le chômage de masse, la perte du sens moral, la destruction de la culture et des identités nationales, peu à peu des voix s’élèvent. Raillées, moquées, ridiculisées par les médias, ils se battent pour proposer une autre façon d’aborder les échanges dans une économie mondialisée. L’ignoble crime dont on les accuse c’est de considérer que l’économie et la politique sont au service de l’homme, et pas le contraire. Cette atteinte à l’orthodoxie des Lois du Marché ne semble pourtant pas si terrifiante. Pour tout dire, elle est même plutôt attirante.

En tant que membre de cette « secte hérétique », nous croyons en la nécessité de rechercher cette nouvelle voie, d’en explorer les conceptions et d’écrire quelques articles pour tenter, dans le bruit ambiant, de faire avancer la pensée et de trouver des raisons de croire encore en l’avenir de l’humanité.

3 – Tirer quelques leçons du passé pour aller de l’avant

La création de la pensée néo Protectionniste présente une première difficulté intellectuelle: par réflexe, l’homme a tendance à penser de façon binaire ce qui, dans la situation actuelle, le pousse à embrasser les théories Trotskistes portées, tel un colis « nauséabond », par un facteur d’opérette.

S’extraire de cette tentation dirigiste anticapitaliste pour créer un autre possible demande une forte discipline mentale et une prédisposition naturelle à considérer autrui comme soi même. De plus, c’est faire exactement la même erreur que l’acceptation aveugle du mondialisme : sous prétexte que la hache fait plus mal que le couteau, choisirce dernier.

Vouloir faire le bonheur des hommes à tout prix est aussi une tentation dangereuse. Aussi est-il préférable de penser en terme de contexte prédisposant à une amélioration constante des conditions de vie de l’Homme plutôt que de créer un univers économico –philosophique « parfait », tâche impossible du fait des aspirations variées qui font de nous un être unique sous la surface des cieux.

Enfin, le protectionnisme peut parfois être l’outil d’une politique néfaste du rejet de l’autre. Ce n’est pas véritablement un protectionnisme dans le sens d’outil de régulation des échanges, mais plutôt une propagande d’Etat dont le but est de protéger la rente de quelques-uns au détriment de l’intérêt général.

Il faut donc une pensée capable d’intégrer et de gérer ses propres altérités négatives. Elle doit être structurellement capable d’empêcher les phénomènes de rente, l’immobilisme technologique et l’enfermement sur soi.

Le Néo protectionnisme se nourrit de l’Histoire pour ne pas répéter les mêmes erreurs, prévenir ses propres dérives et offrir des perspectives d’avenir. Beaucoup de bonnes choses ont été balayées par le mondialisme dans les vingt dernières années. Ainsi, la tentation est très forte de développer une rhétorique du retour à l’âge d’or, de bâtir un passé mythique et de construire ainsi une pensée rétrograde. Le passé, par définition, ne revient jamais. Il faut faire le deuil de ce qui fut et tenter de construire et de conquérir notre avenir. C’est une condition sine qua none de la réussite de la pensée Néo Protectionniste. Elle se doit d’être positive et dynamique.

4 – Les bases de la pensée néo Protectionniste

La pensée néo Protectionniste se penche sur la question de l’homo œconomicus, pas seulement en tant que facteur de consommation ou de production mais aussi comme être conscient et moral en contact avec d’autres êtres aux qualités équivalentes. Le néo Protectionnisme conçoit la politique économique comme positive, non pas lorsque les gains sont maximum, mais lorsque les actes économiques satisfont les parties sans nuire à l’intérêt général.

L’échange ne se mesure pas seulement à l’aune du signe monétaire créé : ses éventuelles altérités négatives sont intégrées afin d’en connaître la pertinence. De cette appréciation des conséquences réelles des actes économiques, le néo-Protectionnisme est capable de proposer des règles micro et macro économiques créant un environnement où les actes positifs sont créateurs de richesse.

En introduisant la « morale » dans l’économie, on introduit la notion de Bien et de Mal, donc une hiérarchie des valeurs. On introduit aussi la notion du soi et de l’autre, qui se comprend facilement en micro économie et qui se traduit à plus grande échelle par la notion de l’espace intérieur (espace national=soi) et espace extérieur (les autres nations).

Au-delà de la personne physique, nous pensons que la personne morale est aussi un « individu » au sein de la nation. A ce titre, la satisfaction de ses besoins comme ses devoirs vis-à-vis d’autrui sont de même importance que ceux des personnes physiques. La personne morale peut compter sur la pensée néo Protectionniste pour se voir attribuer un univers de règles qui lui permette de prospérer grâce à la positivité sociétale de ses actes.

L’espace extérieur existe et ne se fonde pas forcément sur les valeurs que nous défendons. Ne souhaitant pas sombrer dans un isolationnisme appauvrissant financièrement et spirituellement, nous devons fixer un ensemble de règles de contact et d’échange avec autrui dont les altérités doivent être positives pour nous-même et pour les partenaires commerciaux. Le commerce et le vivre ensemble c’est négocier un équilibre des rapports où les participants directs et indirects ne sont ni lésés ni trompés. Ainsi, sans refuser le commerce international, le néo Protectionnisme porte un regard vigilant sur la portée de ce commerce, son sens et ses conséquences. La réglementation qui en découle a pour fonction d’empêcher les altérités négatives tout en faisant la promotion financière de sa propre conception des échanges.

Conclusion

A la frontière entre l’économie, la philosophie et l’histoire, le courant néo-protectionniste ne s’interdit aucune voie de réflexion et tente de créer une pensée complexe capable de produire des solutions adaptées au défi qu’il s’est lancé : proposer une alternative créatrice d’un bien-être général en constante amélioration, soucieux des libertés individuelles mais aussi soucieux de la portée des actes économiques sur autrui.

Comment réindustrialiser la France?

janvier 26, 2010
Comment réindustrialiser la France par le retour au Franc ?

Contribution de BarSan

 A – Les raisons : les limites du libre échange.

 Depuis une vingtaine d’années, nous avons constaté que seul le libre-échange devait faire loi dans les échanges internationaux. Il est devenu politiquement incorrect d’évoquer toute forme de protection.

 Maurice Allais dira du libre échange : « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années ».

 La crise financière mondialisée que nous connaissons aujourd’hui permet enfin à nos experts de s’exprimer. Nos économistes expliquent que la théorie du libre-échange est «fallacieuse».

En effet, celle-ci s’appuie sur la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, modèle qui a été développé dans un environnement purement théorique.

Notre économie globalisée regroupe non pas 2 pays mais un très grand nombre et l’hypothèse d’immobilité des facteurs de production au niveau international n’est pas remplie. C’est donc en s’appuyant sur un auteur vieux de 200 ans que nous avons ruiné notre industrie contemporaine.

 Wikipédia nous dit à propos de la théorie des avantages comparatifs : «Généralement à la base de l’enseignement de l’économie internationale, cette théorie vieille de deux siècles n’a pas de réfutation formelle. C’est le credo officiel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). »

 La crise financière de 2008 est pourtant une réfutation « formelle » qui nous incite à proposer une réforme monétaire néo-protectionniste.

Elle sera nécessaire pour permettre à notre nation de sortir du chômage structurel, de la baisse du pouvoir d’achat…Nous retrouverons alors l’équilibre de la balance commerciale et de notre budget national.

 1-« Les théories de la mondialité »

 Gérard Dussouy, professeur à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV, nous révèle que le libre-échange n’est pas un jeu à somme positive où tous seraient gagnants.

 a)Les bénéficiaires du libre échange et de la globalisation :

  • Les grands oligopoles mondiaux
  • « La super classe mondiale » : selon un rapport de l’ONU de 2006 , 10% de la population mondiale contrôlait 85% des richesses, 2% en possédaient la moitié et 1% en détenaient 40%. Seulement 6000 personnes appartiendraient à cette super classe.
  • Les pays émergents (Inde, Chine…)

 b) Les perdants :

  • Les pays dits développés
  • Les classes moyennes et populaires de ces mêmes pays paupérisées par les délocalisations industrielles vers la Chine, les délocalisations des services vers l’Inde ou le Maghreb, les délocalisations technologiques dans le cadre de contrats ou d’acquisitions ( ex Arcelor-Mittal).
  • Les agriculteurs du Nord et les consommateurs du Sud. Nos agriculteurs disparaissent et le phénomène va s’amplifier avec les luttes liées aux subventions ( nous ne développerons pas ici le risque couru par une nation qui ne peut pas nourrir sa population). L’autosuffisance disparaît au Nord sans pour autant apparaître au Sud, les producteurs locaux privilégiant les productions agricoles vouées à l’exportation dans le but de s’enrichir et dans le mépris total de leurs compatriotes.

2- Les propositions

 La crise financière que nous connaissons aujourd’hui démontre les risques liés à une « hyper-globalisation ». L’interconnexion de nos économies a permis la propagation à travers le monde de la pandémie « crisale ».

 Quel vaccin proposer?

  • la politique monétaire? il faut l’autorisation de M. Trichet !
  • la politique budgétaire? Difficile avec notre taux d’endettement et quand bien même, nous décidions de creuser le déficit, le résultat serait nul : nous connaissons les effets d’une politique par la relance de la consommation dans une économie globalisée : chacun se remémorera l’échec de M. Mauroy en 1982 qui par l’augmentation du budget français a permis une croissance de la demande.

Hélas, une part importante de cette nouvelle consommation s’est tournée vers des biens étrangers. Les importations ont alors explosé, le déséquilibre de la balance commerciale s’est aggravé, cela dans un contexte d’augmentation du déficit public. L’état français et ses contribuables ont donc participé à la croissance du PIB de nos partenaires commerciaux.

 On nous a alors expliqué que pour fonctionner les politiques budgétaires devaient être européennes. Votez « oui » au référendum de Maastricht, l’Europe pourra alors mettre en place une politique commune de grands travaux européen, d’inspiration keynésienne et relancer l’emploi des «douze ».

Nous avons voté « oui » : que s’est-il passé? L’Europe s’est tournée vers l’Est et a intégré d’autres pays, beaucoup moins riches. Une fois encore, au lieu de donner un emploi à nos travailleurs, ils ont été mis en concurrence avec des pays à main d’œuvre bon marché. Les signataires du traité de Maastricht nous ont trahis.

 On ne peut que constater la perte de notre souveraineté sur le plan économique. Sans reprise en main de notre capacité à décider de l’avenir, nous mènerons notre pays à la faillite. Nous devons rembourser la dette. Dans le cas contraire, le risque d’insolvabilité nous guette et nous entraînerons nos créanciers dans notre chute, le monde entier paiera les conséquences de notre incurie. La maîtrise de notre avenir pourra se faire avec l’Europe si elle accepte le rétablissement de la préférence communautaire et les barrières douanières à l’entrée de son espace.

 Nous considérerons ici  l’hypothèse où l’Europe, dans un premier temps, ne nous suit pas et s’offusque de nos propositions concernant ce retour.

La France qui commence à prendre conscience que l’économie doit être au service de l’humain et non le contraire s’appuie sur les travaux de son unique prix Nobel d’économie, Maurice Allais qui écrivait les lignes suivantes en décembre 2009 : (1)Article paru dans Marianne

 « Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres – si ce n’est des écarts plus importants encore – pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants. »

 L’Europe ne veut pas de la préférence communautaire, par conséquent, la France établira  la préférence nationale. Nous voilà isolés: nous sommes désormais le seul pays occidental ayant décidé que le bien être de sa population doit être la priorité. Il nous faut donc retrouver la croissance économique.

Nous avons vu qu’une relance par la demande n’est pas efficace, car cette nouvelle demande profite principalement à nos partenaires commerciaux. Nous proposons donc une relance de la «demande interne» : la hausse de l’investissement intérieur qui en découlera, permettra l’équilibre sur le marché de l’offre et de la demande, ceci, sans accroître le déficit budgétaire.

 Comment rediriger la demande vers les produits nationaux?

Par un retour partiel au franc. Partiel, car le franc se cantonnera à son rôle de monnaie nationale au service des populations, du bien de tous et non pas au seul service des financiers qui n’ont cure des effets pervers de leurs comportements complètement délirants à propos desquels André Gandillon dit, dans « L’alternative à la crise mondialiste ».

 «Fait d’une extrême gravité, cette situation a suscité une activité financière et monétaire toujours plus déconnectée de l’économie réelle, celle qui se rapporte à la production et à la fabrication de biens matériels. Pour en avoir un ordre de grandeur, il suffit de savoir que les transactions suscitées par l’économie réelle (biens et services, commerce international) représentent au plus une part de l’ordre de 3% des transactions mondiales totales. Quant aux marchés de capitaux traditionnels, leur part dans cet océan de signes monétaires ne dépasse pas les 4%. Ainsi, plus de 90% des flux financiers de la planète concernent des opérations financières de spéculations, de couverture de risques, d’arbitrages, les marchés des produits dérivés en absorbant la plus grande partie. Il apparaît dès lors que l’économie réelle productive , devient en quelque sorte l’otage de la sphère financière mondialisée et globalisée. »

 Rôle partiel enfin, car l’Euro est conservé pour les échanges internationaux, pour les voyages à l’étranger de nos compatriotes, pour l’importation des biens intermédiaires ou des produits finis que nous ne pourrons pas produire immédiatement de façon efficace…

 Certains pensent que ce retour n’est pas possible car dans l’état actuel de notre économie, notre franc ne vaudrait pas 6.55957FF pour 1€, mais bien moins ce qui augmenterait de façon proportionnelle notre dette exprimée en euros (on peut se poser la question de notre présence dans la zone euro : nous voici maintenant avec le poids supplémentaire d’ une monnaie surévaluée).

Afin d’éviter le risque d’augmentation du coût de la dette, nous proposons que notre monnaie nationale ait non seulement une valeur fixée à 1€=6.55957FF mais aussi que le franc ne soit convertible que sous certaines conditions.

Nous ne sommes pas les premiers à proposer un retour au franc. Notre différence se fera sur… 

 B- Les méthodes

 Le retour au franc se fera en parallèle d’une politique de substitutions aux importations.

 Rappel : la substitution aux importations s’appuie sur des barrières à l’entrée du pays, cela permet aux entreprises nationales de produire ce qui était précédemment importé. Le pays retrouve alors une indépendance par rapport au reste du monde et une croissance économique intérieure. Les limites de cette politique dans les pays en développement sont liées au marché intérieur qui est assez restreint et au pouvoir d’achat des populations qui peut être réduit.

 Cette politique habituellement utilisée par les pays en développement désirant développer leur industrie naissante permettra de sauver notre industrie mourante sans souffrir des limites vues ci-dessus. En effet, notre marché intérieur existe déjà et notre pouvoir d’achat est supérieur à celui des pays en développement.

Cette initiative à l’instar des autres politiques de substitutions aux importations devra être temporaire. Elle sera d’autant plus courte qu’elle sera mise en place le plus tôt possible. Plus nous attendrons, plus nous aurons perdu de compétences industrielles et plus le retour à la compétitivité sera difficile. Dès que l’objectif de compétitivité industriel sera retrouvé, nous nous ouvrirons à nouveau au marché mondial.

 Comment allons nous mettre en place cette politique de substitutions aux importations ?

Nous ne mettrons pas forcément de droits de douanes supplémentaires à l’entrée de notre pays. Les biens, les personnes et les services circuleront librement. Seuls les francs que nous remettons en service verront leur mobilité réduite. Nous nous inspirons du modèle chinois qui associe fixité des changes et autonomie de sa politique monétaire par une limitation des mouvements de capitaux.

Nous désirons que les francs qui remplaceront une partie de nos euros, soient distribués dans notre pays uniquement. Ils devront être dépensés au sein du marché national au profit des producteurs locaux. Leurs revenus ainsi assurés, ils pourront à nouveau se concentrer sur des investissements productifs sur notre territoire.

La lettre de l’OFCE 2006, dit: 

« En Chine, ……..les opérations en capital restent soumises à autorisation…….. »

Face au triangle d’incompatibilité de Mundell, la Banque populaire de Chine a maintenu une politique monétaire autonome et un change fixe en renonçant à la liberté des mouvements de capitaux…La régulation du crédit en Chine se fait principalement par le contrôle quantitatif et le rationnement »   

wikipedia dixit:

1986 : La Chine revient sur un ancrage avec quelques rares mais importantes dévaluations. Mais la principale réforme est la limitation des entreprises à détenir des devises. Elles ont obligation à échanger leurs devises contre des yuans. Les autorités créent alors des droits de rétention des devises. Les entreprises exportatrices qui obtiennent ces droits grâce à leurs rentrées de devises peuvent les utiliser pour leurs importations ou les revendre à d’autres entreprises importatrices. Il s’établit alors un marché du « SWAP de rétentions de devises » (rien à voir avec marché de SWAP actuel) avec un taux interne différent du taux de change officiel.  

Cette idée de «marché de détention de devises» mérite d’être reprise tout en conservant un taux de change interne identique au taux de change officiel ceci sans obligation de conversion des euros en FF, mais sans possibilité de conversion des FF en euros (sauf accord de la Banque De France BDF).

1- retour du franc dans les porte-monnaie

 Etape 1 : Réinjection de FF

 A partir du 01/07/20.. le plus tôt possible, chaque français peut ouvrir un compte en franc chez son banquier habituel car, à partir du 01/09/20.., les diverses allocations ( allocations logement, familiales, adultes handicapés, parent isolé, RSA, indemnités journalières, pensions d’invalidité, chômage…), les retraites et les traitements des fonctionnaires seront versés en FF au taux de 6.55957FF pour 1 euro.

  Le consommateur, comme à son habitude, ira dépenser sa nouvelle monnaie au supermarché. Il pourra dépenser les euros du mois précédent de la même façon que les FF du mois en cours. On rappelle que son pouvoir d’achat est resté constant.

 Etape 2 : Dépense des FF par le consommateur

 Afin de faciliter la compréhension, nous illustrons notre propos par l’exemple de la chaîne de supermarchés.

Le consommateur (fonctionnaire, retraité ou allocataire) règle ses achats avec ses FF. Le magasin entre alors en possession d’une recette en FF qu’il devra dépenser au sein de l’espace économique français. En effet, cette monnaie n’est pas convertibles en euros (sauf  conditions BDF), elle ne pourra pas quitter notre espace économique (on verra comment plus loin).

 Etape 3 : Dépense des FF par le distributeur

 Le magasin, afin d’écouler les FF accumulés, va donc s’adresser aux producteurs locaux. Il achètera des laitues cultivées en France, plutôt qu’en Belgique. Les tomates ou les fraises seront issues de l’agriculture française et non pas espagnole ou autre. Par ailleurs, les techniques modernes permettent de produire toute l’année différents types de produits. Ceux qu’il sera impossible de cultiver en France dans de bonnes conditions seront importés. De la même façon, le magasin s’adressera aux industries agro-alimentaires et autres présentent sur le territoire.

 Les carnets de commandes de nos différents producteurs vont se remplir. Avec la hausse de la demande et des chiffres d’affaires, nous assisterons au retour de l’emploi, de l’investissement et de la productivité ce qui facilitera à terme notre retour sur la scène mondiale.

 Une certaine marque de sauce tomate dite française n’importera plus ses tomates de Chine pour mieux nous vendre un produit français qui n’a de français que les méthodes de transformation et le nom. Pendant ce temps-là, nos agriculteurs meurent (cf théorie de la mondialité vue plus haut). Les écologistes y verront l’économie de CO2 et nous rejoindront sur ce thème.

Lors de ces 3 premières étapes, le reste de la population active est toujours payé en euros. Les plus dynamiques des employés du privé, pourront ouvrir un compte en FF et verser leur salaire en euros qui sera converti immédiatement.

 Etape 4 : Dépense des FF par le producteur

 Les producteurs évoqués plus haut détenant une trésorerie en FF devront à leur tour les utiliser. Ces FF serviront à l’investissement, à l’achat de biens intermédiaires mais également au règlement des salaires. De fait, ils créent une nouvelle demande de produits semi-finis en FF, introduisant ainsi la monnaie nationale dans les activités de transformations intermédiaires.

 Etape 5 : Salariés du privé payés en FF

 Rapidement, tout le tissu économique sera en possession de FF qu’il faudra dépenser dans les chaînes de distribution interne qui elles même se fourniront dans les chaînes de production interne. La boucle est bouclée par un retour à l’étape 2.

 Ainsi, la circulation de la monnaie activée par l’injection de FF via les allocations, les retraites et les rémunérations des fonctionnaires, permet au FF de s’étendre rapidement à l’ensemble des consommateurs. Nous n’avons pas augmenté le déficit, car il n’y a pas de dépense supplémentaire et nous n’avons pas fait fonctionner la planche à billet.

 Nous espérons retrouver nos producteurs locaux : l’industrie avec ses magasins d’usine, l’agriculture avec ses maraîchers de proximité. Eventuellement, la grande distribution pourra même se diversifier en finançant un réseau production-distribution : certaines chaînes de distribution d’articles de sport possèdent déjà leur marque distributeur. Il suffira de passer ses commandes en France plutôt qu’en Asie du Sud-Est.

Les conditions de conversion de la Banque de France :

1.      Les particuliers :

  • Toute personne voyageant à l’étranger.

2.      Les professionnels :

  • Toute personne voyageant à l’étranger.
  • nécessité d’importer des matières premières qui ne sont pas produites en France ou dans des conditions jugées inefficaces.
  • nécessité d’importer des biens intermédiaires qui ne sont pas produits en France ou dans des conditions jugées inefficaces.
  • nécessité d’importer des biens finis qui ne sont pas produits en France ou dans des conditions jugées inefficaces.

Cette liste pourra être complétée par la BDF au fil des demandes qui lui sembleront justifiées. 

 

2- Les effets :

  • Augmentation de l’emploi et réduction du chômage : par l’incitation à produire localement et le retour d’une vraie croissance du PIB.
  • Réduction du déficit public par la baisse des dépenses : économies réalisées en matière d’aides sociales avec le retour à l’emploi de notre population.
  • Réduction du déficit public par l’accroissement des recettes: nos producteurs retrouvant une demande, produisent plus et malgré la baisse de la fiscalité proposée par un article ami, les recettes fiscales augmentent.
  • Amélioration de la balance des paiements : par la baisse des importations.
  • Amélioration de la balance des paiements : par la hausse à terme des exportations (la hausse de la production permet la croissance des exportations).
  • Réduction du CO2 : par la limitation du transport des marchandises. Seules les marchandises que nous ne pouvons pas produire de façon efficiente sont importées.

 

3- Pour mieux vous convaincre :

 Pourquoi ces « pauvres » fonctionnaires et allocataires sont-ils les seuls « touchés »?

On a vu que rapidement une grande partie de la population sera rémunérée en FF. De plus, le paiement en FF des traitements n’est pas une punition. Si, un fonctionnaire, un retraité, un allocataire a besoin d’euros pour un voyage, il les convertit à la BDF. Cela n’a rien d’extraordinaire, nous avons fonctionné ainsi jusqu’en 2001.

Nous y voyons même des avantages car le taux est fixé au moment de la conversion FF-euro et sera le même pour le retour euro-FF, pas de surcoût liés ni aux taux de change, ni aux frais retenus par les banques (car seule la BDF fera le change). Il y aura un guichet BDF dans tous les bureaux de poste.

Pour les épargnants détenant des FF, nous créerons un livret A en FF qui sera cumulable avec le livret A en euros. Les banques assureurs pourront également proposer des comptes sur livret en FF.

 Les producteurs nationaux vont-ils profiter d’un monopole et d’une nouvelle rente ?

Nous rappelons que l’euro reste en circulation aux cotés de la monnaie nationale. Les distributeurs seront toujours en possession d’euros qu’ils utiliseront comme bon leur semble. S’il est impossible d’acheter des laitues à un coût raisonnable, rien n’empêche la chaîne de supermarchés de s’adresser aux autres producteurs.

Si, cela ne suffisait pas, et que nos producteurs devaient user de cartels, deux solutions sont envisageables : soit la Banque de France permet une convertibilité supplémentaire des FF en euros afin que les importations assurent la libre concurrence, soit nous imposons une politique de réglementation des prix sur les biens de première nécessité.

Dans le cadre d’une substitution aux importations, d’un besoin de« réindustrialisation » et de la recherche de l’indépendance alimentaire nous privilégierons la seconde.

 Les capitaux français et étrangers investis dans notre pays vont-ils nous quitter ?

Nous ne croyons pas à un retrait des investissements en France. Au contraire, nous aurons un afflux de capitaux étrangers sur notre sol, car pour accéder à notre marché de 60 millions de consommateurs, il faudra produire sur place.

Un seul exemple : l’installation de l’usine Toyota en 2001 dans la région valenciennoise. Pourquoi croyez vous qu’une marque japonaise s’installe dans le Nord de la France ?

Article de l’humanité du 04/01/2003 : « Elle y a trouvé un accès plus aisé et dédouané aux marchés français et européen, une main d’œuvre jeune et encore compétente. « Son ambition était de produire avec des ouvriers dont la moyenne d’âge est tout juste de vingt-huit ans – une première dans le monde automobile – 184 000 Yaris par an au rythme d’une voiture à la minute ».  

Résultats :

  • 2500 emplois créés chez Toyota qui a même aidé au relogement de 480 salariés. (5). Article de l’humanité du 04/01/2003.  En 2009, les employés sont au nombre de 4000
  • Un impact économique pour 300 entreprises, dont 154 équipementiers. (5). Article de l’humanité du 04/01/2003
  • Installation d’équipementier sur la région, ouverture d’une usine de production de pièces de rechange et d’une usine de plasturgie fabricant des pare-chocs en face de l’usine Toyota.

 Si nécessaire, nous sauverons toute entreprise de plus de 200 employés en réelles difficultés par la nationalisation. Chaque fois que ce sera possible, les dirigeants resteront à la tête de l’entreprise qui sera à nouveau privatisée dès le retour à la rentabilité.

Quant aux entreprises tentées par une fuite à l’étranger, nous leur expliquons que nous sommes en situation de crise économique très grave. Nous comparons l’état de notre économie à l’état de guerre et qui dit « état de guerre » dit « réquisition ». La « super classe mondiale » doit comprendre que nos politiques élus par le peuple sont les seuls à pouvoir diriger notre pays. Ils doivent retrouver le pouvoir que la finance et les financiers leur ont confisqué. Les deux, trois dernières décennies ne sont qu’un passage de l’histoire qu’il faut dépasser.

 Comment faire pour que la monnaie nationale ne quitte pas notre espace économique ?

Les chèques en FF ne seront endossables qu’en France sur des comptes en FF, les cartes bancaires en FF ne seront utilisables qu’en France. Rappelez vous nos premières cartes bancaires, nous choisissions une carte nationale ou internationale, celle-ci sera nationale. Les mandats en FF vers l’extérieur du pays ne seront pas autorisés. La Banque de France autorisera la conversion de FF en euros en cas de besoin (ex : votre fils est en Espagne, il a perdu sa carte bleue, s’est fait volé les euros qu’il avait converti pour le voyage, vous pourrez lui envoyer des FF convertis en euros).

Conclusion :

Notre objectif dans cet article était de démontrer qu’il est possible de sortir de la pensée unique dans laquelle nous sommes plongés depuis trop longtemps. Chaque fois qu’une voix s’élève, elle est critiquée par des « non-scientifiques » ( les journalistes dits spécialisés, certains politiques, diverses associations…) qui imposent leurs points de vue en s’appuyant sur de bons sentiments qui n’amènent que des effets pervers. Le temps est venu de changer de paradigme, celui du tout libéral a atteint ses limites. La main invisible l’est tellement qu’on ne la voit plus.

La France a-t-elle vocation à devenir anglo-saxonne ou peut-on encore s’appuyer sur l’état providence ?

 Il faut à nouveau penser au bien des populations, les nôtres mais également celles des pays en développement que nous privons de leurs ressources par nos importations qui génèrent une hyperspécialisation et mettent ces populations à la merci de la baisse de nos commandes.

Nous espérons avoir démontrer que nos propositions sont techniquement faisables et économiquement souhaitables.

Il convient d’indiquer au lecteur que cette politique de limitation de conversion du FF doit être provisoire. Une fois la puissance industrielle retrouvée, le chômage structurel vaincu, si l’euro nous offre toutes les garanties nécessaires, nous pourrons reconvertir nos FF en euros, ou bien décider de conserver notre monnaie nationale avec un taux de change libre.

 Dans le cadre de cette politique de réindustrialisation, nous pourrons réfléchir à l’intérêt de plans quinquennaux inspirés des Plans Monnet, mis en place en France de 1946 à 1975 qui ont justement permis l’industrialisation moderne de la France que nous avons depuis en partie détruite.

Sortir de la crise 2: politique économique

janvier 26, 2010

Théorie des avantages comparatifs :

« Un modèle simple qui ne s‘applique guère à la mondialisation du XXe siècle car certains pays n‘ont plus d‘avantages comparatifs ! D‘abord parce qu‘il ne s‘agit plus d‘un jeu à deux mais d‘un jeu réunissant un très grand nombre de partenaires ; et surtout parce qu‘une des conditions du modèle ricardien : l‘immobilité des facteurs de production au niveau international n‘est plus remplie».

Commentaire sur fdesouche.com à propos du livre de Monsieur Dussouy «Les théories de la Mondialité ».

Article de macro économie N°1 : La politique Néo Protectionniste

Préambule

Le destin du peuple Chinois n’est pas d’être l’O.S. de l’occident qui rachètera les ruines de l’Europe en faillite : c’est de se développer harmonieusement d’abord pour lui-même, puis pour échanger avec les autres sur un pied d’égalité.

Cette conception  des échanges n’est pas sans conséquences pratiques : Elle induit une protection des espaces nationaux contre la tentation prédatrice naturelle de l’homme.

En effet, il est très tentant pour une puissance politique de profiter de l’état de faiblesse d’une nation pour emporter des avantages économiques décisifs dans le contexte de guerre économique permanente que nous connaissons. Elle sous-tend aussi qu’il est une voie souhaitable de développement centrée sur la satisfaction des besoins vitaux des populations avant de s’ouvrir à la concurrence mondiale. Le développement réussi de la Corée du Sud au XXème siècle est un exemple particulièrement probant de cette conception.

Enfin, elle implique d’aborder la question des échanges de biens et de services non pas sous le seul angle « prix profit », mais sous celui de l’équité de la concurrence et celui de la « personnalité » de l’acteur économique concerné.

Une politique macro économique néo protectionniste contemporaine est aussi la conséquence logique de la politique micro-économique de l’Acte de Bien Commun (ABC – confère l’article de micro-économie N°1 à rpopos d’une fiscalité du bien commun) : Le passage au stade civilisationnel supérieur qu’implique la fiscalité ABC nécessite une fermeture partielle d’ordre technique des frontières, le temps que le marché intérieur s’adapte et que les substitutions aux importations soient effectives.

Au-delà de l’aspect purement technique, c’est la part « morale » de l’économie ABC qui dicte quelles doivent être les relations économiques avec les autres nations du globe. Cette part « morale » prend en compte l’intérêt supérieur du peuple Français, mais aussi le niveau d’évolution économique et social du partenaire commercial. Comme l’Acte de Bien Commun, le degré de protectionnisme doit devenir un indicateur formel de l’équilibre de l’échange et de la compatibilité civilisationnelle entre peuples partenaires. En effet, l’échange n’est pas qu’un acte marchand : c’est un acte de rapprochement entre les parties et, à ce titre, il dépend de la sphère politique tout autant que de la sphère économique.

La politique néo protectionniste s’oppose au libre échangisme non régulé que nous connaissons depuis quelques années : c’est un moyen d’établir une concurrence loyale, mais aussi de permettre un redémarrage de l’Histoire des peuples, dont nous avons la faiblesse de penser que la libération des divers jougs qui les accablent est la finalité de la science politique, alliée à la science économique.

Les pays émergents doivent se tourner vers eux-mêmes pour améliorer le sort de leur population en développant leur marché intérieur plutôt que de détruire les emplois Européens tout en maintenant leurs peuples dans la misère et l’oppression pour le seul bénéfice des multinationales. C’est à ce prix que nous pouvons accepter de commercer à nouveau librement avec eux, sur de nouvelles bases moins destructrices des peuples, des terres et des identités. Dans ce premier article, Nous présenterons deux applications concrètes d’une politique néo protectionniste dont le but serait de

. Rétablir un marché intérieur Français.

. Etablir des conditions de concurrence moins imparfaites.

. Redéfinir nos rapports économiques à l’aune du développement humain et du respect de certaines valeurs fondamentales, qui sont l’apanage des démocraties évoluées.

. Promouvoir la démocratie et soutenir les pays qui s’engagent dans la modernité.

. Favoriser les échanges entre partenaires de niveau de développement comparable.

1 – Les mécanismes compensateurs aux frontières

Cette appellation politiquement correcte des droits de douane est un outil historique de régulation économique entre Etats de différents niveaux de développement, et de protection des emplois nationaux. Nous aurions pu croire que l’Europe de Maastricht était un simple changement d’échelle de ces mécanismes régulateurs. Or, ce fut un marché de dupe plus qu’un marché commun car la doctrine Bruxelloise, imposée contre l’avis des peuples, hyper libre-échangiste et ruineuse, a détruit cet élément régulateur.

La mise en place des mécanismes compensateur répond aux deux nécessités évoquées plus haut : le rétablissement économique et la redéfinition des rapports aux autres nations. Nous développerons notre point de vue à un niveau national, tout en espérant que nos partenaires européens auront l’intelligence de nous rejoindre et de recréer la préférence communautaire sur la base technique exposée ci-après.

a) Le Droit Miroir (DM)

L’espace Européen est le moins protégé du monde en terme de droits de douane. Cela signifie que les autres pays ont une tendance plus marquée à la protection de leur économie locale. Ces limitations au libre échange sont totalement indépendantes du niveau de vie du partenaire économique : les USA ou la Chine pratiquent des droits de douane élevés alors qu’il existe un véritable gouffre entre le niveau de vie des deux populations. De facto, l’établissement d’un mécanisme compensateur peut s’exclure de toute appréciation du niveau de vie pour établir une taxation basée sur le Droit Miroir, soit l’application automatique à nos frontières des mêmes taux de droits de douane à l’import du partenaire concerné.

Exemple : Le Pays « P » applique un droit de douane de 40% sur un produit X fabriqué en France. La France applique automatiquement le même taux à ses frontières en cas d’importation de ce même produit X par le pays « P ».

Protectionniste en apparence, c’est en fait un puissant facteur de baisse des barrières douanières puisque chaque point que notre partenaire accepte de déduire de ses propres barèmes lui est immédiatement restitué par une baisse de la fiscalité que nous lui appliquons. Nos coûts de production étant plus élevés, il paraît avantageux pour un pays moins développé de baisser ses droits de douane à notre encontre. Or, un facteur limitant des exportations Françaises et Européennes se situe justement dans le fait que nos partenaires économiques hors zone Euro sont très protectionnistes (de 50 à 70% de droits de douanes, voire plus, dans les pays d’Asie du Sud-est et en Inde). Il est donc parfaitement légitime d’appliquer le Droit Miroir dans nos échanges commerciaux pour inciter nos partenaires actuels à ne plus nous opposer à la fois leurs coûts de production ridicules mais aussi des droits de douane parfaitement iniques quand on prétend à une place dans une économie ouverte.

 b) Le niveau de développement humain (NDH)

Il existe un certain nombre de classements établis par des organismes internationaux et des organisations non gouvernementales reconnues qui permettent une appréciation régulière de paramètres concernant la liberté des peuples, des femmes, de la presse, la qualité de la justice, le pluralisme politique, le niveau de corruption, etc.

La mise en place d’un « super classement » à partir d’un bouquet d’évaluations permet d’établir une hiérarchie multi critères du développement humain des pays partenaires. Le néo protectionnisme étant une approche dynamique, nous proposons d’établir un second niveau de taxe à partir de ce bouquet d’indicateurs du comportement des gouvernements vis-à-vis de leurs populations.

Ceux qui seraient classés au dessus de la France recevraient un avantage douanier pour nous inciter nous-même à plus de vertu et ceux classés derrière la France recevrait des pénalités proportionnelles à leur classement en points de droits de douanes.

Exemple :  Pays X est N°1 – France est N°7 – Pays Y est N°21 Pays X, mieux classé de six rangs que la France aurait une réduction de six points de son niveau de taxe du Droit Miroir. Pays Y moins bien classé de 14 rangs que la France aurait une augmentation de 14 points de son niveau de taxe du Droit Miroir.

Ce système de bonus / malus douanier est hautement incitatif pour les pays exportateurs car chaque place au classement a des répercussions économiques immédiates sur la compétitivité à l’export. Par ailleurs, sa puissance serait énorme si l’ensemble de l’Europe l’appliquait puisque ce serait un marché de 600 millions de consommateurs aisés qui moraliserait son rapport économique. Pourquoi nous refusons-nous cette possibilité au niveau Européen ? C’est incompréhensible.

Le NDH est aussi un système à répercussions micro économiques incitant au réformisme politique et économique: Nous savons que les entreprises s’adaptent à leur environnement pour prospérer. Les entrepreneurs d’un pays extrêmement mal classé voient leurs possibilités d’importation en zone Euro, ou en zone Franc / Euro, réduites à néant par la politique gouvernementale de leur pays. Bien évidemment, ces entrepreneurs pèseraient de tout leur poids pour obtenir une amélioration de la situation afin que baissent les droits de douanes. Certainement ressenti comme de l’ingérence néo colonialiste par les régimes dictatoriaux, c’est surtout un outil de politique internationale qui permet de favoriser les gouvernements modernes :

Prenons le cas d’un pays engagé dans une transition démocratique et dont les leaders organisent des élections pluralistes tout en garantissant la liberté de la presse. Dès le classement annuel suivant, il profiterait d’un bond en avant qualitatif qui réduirait de façon conséquente les droits de douanes Français ou Européens à son encontre. Mécaniquement, nous aiderions ce gouvernement plus vertueux par l’augmentation des échanges bilatéraux entre son peuple et le nôtre.

Nous sommes très enthousiaste à propos de cette idée car elle introduit une notion de concurrence positive pour une progression accélérée vers la démocratie, soit le strict inverse de la situation cataclysmique que nous connaissons.

c) Le Droit Compensateur Economique (DCE)

A l’image du niveau de développement humain, le Droit Compensateur Economique sert de compensation douanière aux distorsions de concurrence relevant du coût du travail, du droit fiscal des pays importateurs et des contraintes réglementaires de production (sécurité, environnement).

Le DCE, que certains jugeraient comme une atteinte inique à leurs capacités d’exploitation capitalistique, est un moyen de se rapprocher de la théorie de la concurrence pure et parfaite car il épure les scories du coût de production pour ne laisser que la qualité du produit comme différenciant pour le consommateur. C’est aussi un outil de subvention directe au progrès humain puisque le DCE baisse en fonction du développement économique. Les gouvernements menant une politique d’amélioration des conditions de vie des populations sont ainsi récompensés de leur action. Enfin, c’est un moyen d’inciter à la signature de traités internationaux sur le droit du travail et les conditions de production qui sont des facteurs majeurs de l’impact négatif de l’activité économique sur l’environnement.

Récompenser fiscalement les gouvernements responsables est un véritable acte de bien commun international.

d) Le Droit Stratégique (DS)

Un certain nombre de produits ou de ressources sont importés et indispensables à la bonne marche de notre économie. Ils sont considérés comme stratégiques car nécessaires et non substituables à court terme pour certains d’entre eux (uranium, pétrole, gaz, ordinateurs, électroménager). Baisser le coût de l’acquisition de ces biens est une nécessité vitale pour notre économie dans l’attente de notre capacité technologique à nous extraire de cette dépendance. C’est donc un « droit négatif » qui peut se traduire par:

(DM + NDH + DCE) – DS = Taux de compensation (TC)

Le DS, pensé à l’origine en terme de réduction, peut tout à fait se transformer en augmentation du niveau de barrière douanière afin de financer des investissements dans la recherche de moyens de substitution du bien importé. Dans ce cas, la formule devient :

DM + NDH + DCE + DS = TC

Cette deuxième formule nous paraît parfaite pour accélérer la mutation technologique vers les énergies de nouvelle génération et rendre la France plus indépendante. Pas besoin de grand emprunt : notre consommation pétrolière d’aujourd’hui pourvoit à nos dépenses de R&D pour l’alimentation énergétique de demain. Nous créons un avantage technique sur nos concurrents et la possibilité de vendre des produits performants à l’export lorsque les solutions de l’après pétrole s’imposeront ou lorsque nos partenaires amélioreront leurs méthodes de production pour bénéficier d’un TC moins élevés à nos frontières…

e) Synthèse et ouverture

Le Taux de Compensation possède la puissance de contrainte nécessaire pour faire comprendre l’échange non plus comme une fin en soi, mais comme un moyen d’amélioration de la condition humaine. C’est un signal fort en direction des gouvernements et des multinationales pour qu’ils soient tentés de franchir le pallier civilisationnel qui permet de s’extraire d’une vision uniquement concurrentielle des rapports économiques. C’est aussi un moyen cohérent pour créer des blocs économiques homogènes ou peut s’exprimer une concurrence positive entre partenaires de même niveau comme souhaité par Maurice Allais, seul Français Prix Nobel d’Economie.

A ce sujet, celui-ci expliquait qu’un système intelligent de protection douanière obligerait les pays émergents à commercer entre eux, c’est à dire entre égaux afin qu’ils génèrent eux-mêmes leur co-développement entre entités économiques présentant les mêmes avantages comparatifs.

Appliquer une politique néo protectionniste aide les PVD à atteindre leurs propres objectifs de développement tout en protégeant les tissus économiques nationaux des pays démocratiques respectueux des droits individuels, et soucieux de la durabilité de la croissance.

2 – Politique d’immigration à l’échelle nationale ou européenne

a) L’immigration, un soutien aux dictateurs

Sans tomber dans les débats sur l’immigration, ses conséquences et autres raccourcis dignes d’une allocution présidentielle en période électorale, nous estimons indispensable de nous tourner vers un nouveau modèle d’immigration qui ne soit plus la soupape de sécurité des dictatures et des régimes corrompus de la planète.

Le destin des Maliens et des Sénégalais n’est pas de finir noyés dans le naufrage d’une pirogue, enfermés dans un camp de rétention ou exploités par des salauds en attendant d’être régularisés à l’usure. En effet, qui a le courage de tout quitter, éventuellement de risquer sa vie pour se construire un avenir qu’il espère meilleur? Qui est cet homme? C’est, en règle général, celui qu’on appelle « force vive d’une Nation » : ce sont les plus forts, les plus déterminés, les plus diplômés, les plus rebelles face à l’adversité.

Or, la possibilité de fuir une situation catastrophique incite l’Homme à choisir une option individualiste plutôt que l’union avec ses frères et le combat pour la liberté car c’est, malgré tout, plus rapide, facile et moins dangereux.

Qu’auraient fait les Français de 1789 s’il avait été simple de partir?

N’auraient-ils pas choisis de quitter le pays, du fait de la fragilité du sentiment national au XVIIIème siècle ? Sans échappatoire, les Français se sont battus pour leur liberté. En permettant l’immigration anarchique, nous nous faisons les complices de régimes dictatoriaux, théocratiques médiévaux, corrompus jusqu’à la moelle ou pillards de leur propre population (voire les quatre en même temps pour les plus malchanceux). En accueillant les flux migratoires, nous privons les populations de leur droit à la liberté, nous les privons du droit à construire leur histoire et leur identité dans le feu des combats et des épreuves. Nous creusons notre propre tombe en créant le ressentiment face à cette trahison des idéaux élevés de la République, base de notre représentativité et de notre aura Internationale.

b) Limite socio-économique aux capacités d’assimilation

Il existe aussi une réalité au sein des Nations : la capacité d’assimilation des nouveaux arrivants. En effet, l’arrivée massive d’immigrés dont les bases sociales traditionnelles peuvent être éloignées des standards nationaux peut déclencher un déséquilibre dans les rapports sociaux traditionnels, engendrant la méfiance et le rejet.

Ce seuil à la capacité d’assimilation d’une société est certainement multifactoriel mais la situation économique y joue son rôle: il paraît évident qu’une nation à fort taux de croissance, sans chômage et à la natalité vigoureuse aura certainement plus de facilités à assimiler de nouveaux arrivants qu’un pays endetté, au chômage massif et sans perspectives de relance durable.

Le négationnisme conformiste de ces deux réalités est à l’origine des tensions inter ethniques insoutenables en République. Il y a radicalisation des positions car la situation économique se détériorant, les citoyens se divisent au détriment de l’unité nationale. C’est pourquoi nous devons avoir une politique de quota migratoire qui repose sur deux facteurs :

– Capacité Economique Conjoncturelle (CEC)

Quelles sont nos capacités financières et quelle est notre demande d’embauche dans l’année à venir ? Connaître cette donnée nous permet de savoir si nous avons les moyens d’accueillir dignement de nouveaux entrants et leur offrir une aide à l’assimilation des lois, usages et coutumes de France pour qu’ils se sentent faisant partie d’un tout supérieur à la somme des parties ?

En mettant en équation économétrique les facteurs constitutifs de notre capacité d’assimilation des nouveaux entrants, nous pouvons définir un nombre maximum annuel d’entrants que nous pourrons accueillir de façon humaine et moderne. Cette définition claire et justifiée des capacités d’accueil permet d’affirmer internationalement la cohérence de notre politique migratoire générale dont le nombre maximum de bénéficiaires par nationalité sera établi en en fonction du…

– Niveau de TC du pays d’origine (NTC)

Nous avons vu que nous envisageons d’encadrer notre commerce avec les pays dont la structure sociopolitique nous paraît humainement indigne et/ou porteuse de distorsions de concurrence. Par conséquent, nous proposons une politique de quota particulièrement simple et transparente: Plus le niveau de TC sera élevé, moins la part d’entrants autorisés dans le quota annuel sera important.

En effet, on parle toujours d’immigration choisie. Mais par qui ? Ce système permet d’accueillir prioritairement les immigrants de niveau de développement proche des standards européens qui choisissent de leur plein gré de venir en France. A contrario, les populations qui optent pour la fuite, ne choisissent pas vraiment la France : ils y viennent seulement parce que c’est possible. Ce n’est pas une immigration choisie : elle ne l’est ni par le migrant ni par le pays d’accueil.

c) Synthèse et Ouverture

A court terme, nous reconnaissons un risque de conflit diplomatique tout en espérant un bénéfice de moyen terme car, nous basant sur la philosophie du FMI, des réformes fortes, profondes et rapides ont un coût humain plus faible que l’inaction ou les demi-mesures.

En quoi la lutte pour le développement et pour une économie au service des hommes échapperait-elle à cette règle du moindre coût? Bloquer l’immigration de fuite face à l’adversité c’est aussi redonner un sens au mot «peuple » à travers le monde et redonner un sens à la lutte collective, ferment d’une identité nationale fondée sur la maîtrise de son histoire et de son avenir.

La dignité se conquiert par l’affirmation de sa liberté individuelle au sein de son espace national, pas autrement. C’est pourquoi il est du devoir des pays évolués de ne pas nuire à la quête de liberté des peuples en servant d’échappatoire aux forces potentiellement les plus réformatrices des pays en voie de développement.

Cela peut paraître cruel aux bonnes âmes mais est-ce charitable d’accueillir quelques personnes avec pour conséquence la misère de beaucoup d’autres et le maintien de systèmes dictatoriaux? Cà n’est pas notre conception de la charité : nous préférons « aide-toi et le Ciel t’aidera » aux bons sentiments faciles dont les conséquences sont bien plus négatives. Une politique migratoire définie en fonction de standards élevés est aussi un excellent moyen pour faciliter l’intégration des migrants : ils sont accueillis volontairement, non comme des éléments de déstabilisation socio économique, mais comme les ressortissants de pays partageant un certain nombre de valeurs morales et juridiques communes. Enfin, le volontarisme des Etats en matière de progrès social sera récompensé par une augmentation des possibilités de contact et d’échange avec la France ou l’Europe au sein de l’enveloppe CEC définie plus haut.

3 – Conclusion

Nous espérons que ce court traitement de deux problématiques majeures vous ont permis de découvrir les premiers principes d’une approche néo protectionniste des relations macro économiques. Le néo protectionnisme économique ne s’oppose pas aux échanges internationaux ni à l’immigration et n’a pas pour objectif suprême une quelconque autarcie nationale hystérique. Par contre, il établit une nouvelle grille d’appréciation de la pertinence des échanges bilatéraux, non pas sur le seul thème de la rentabilité, mais par la compatibilité du niveau de progrès social, politique et juridique du partenaire commercial.

Cette méthode permet de créer des « zones de développement humain » homogènes distinctes où il sera possible de commercer ensemble dans des conditions de concurrence loyale pour les deux parties. Ce ne sont pas des bastions fiscaux figés puisque l’intégration d’une nouvelle zone ne dépend que des efforts de développement du pays tiers.

Le néo protectionnisme est donc un système incitatif positif: un peuple accédant à la démocratie et reconnaissant les droits de l’homme obtient non seulement un avantage douanier concrétisé par la baisse du Taux Compensateur, mais aussi à un accès physique plus aisé au territoire Français (ou Européen) puisque ses conceptions sociales et juridiques proches facilitent son assimilation. Enfin, la diminution ou l’augmentation des Taux de Compensation pourra devenir un précieux indicateur de l’évolution de la planète : une baisse tendancielle sera perçu comme une bonne nouvelle puisqu’elle exprimera les avancées sociales globales alors qu’une hausse tendancielle sera plutôt le signe d’une dégradation. Individuellement, les pays partenaires auront un référent économique pour jauger de leur situation, pour peu que l’idée de commercer avec la France et l’Europe les agrée, ce dont nous ne doutons pas.

Sortir de la crise 1: une nouvelle fiscalité

janvier 26, 2010

 

La microéconomie est une branche de l‘économie s‘intéressant au comportement des agents économiques (entreprises et consommateurs) pris individuellement.
Vision néoclassique qui part du principe que le producteur est rationnel , c‘est à dire qu’il cherche à maximiser son profit.

 Article de micro-économie N°1 : une fiscalité du bien commun

Préambule

Au-delà du niveau de ponction fiscale record qui rend impossible toute création de richesse par le travail, toute élévation sociale par l’effort individuel, tout investissement et donc toute concurrence, il existe une problématique fondamentale :

l’obsolescence du système fiscal empêche la création d’un  nouveau stade de développement, seul espoir d’une relance durable, car l’assiette de l’impôt est basée sur la seule création de richesse.
Cette apparente lapalissade induit des effets négatifs depuis des siècles sans que personne ne remette en cause le système ou réfléchisse à des formes plus subtiles de financement des fonctions régaliennes.

 Nous souhaitons vous exposer une ébauche de solution, une nouvelle conception de la fiscalité qui permettra de passer du mythe de l’entreprise citoyenne à une réalité créatrice d’emplois, de richesse et permettant une croissance soutenable en terme sociaux et environnementaux.
Cette conception nouvelle peut s’inscrire soit dans une politique nationale, soit dans une politique Européenne. Bien que penchant pour la première, force est de reconnaître que certains des outils que nous présentons seraient plus efficaces appliqués par 600 millions d’Européens plutôt que par 60 millions de Français.

La micro économie présuppose que la somme des actes positifs des entités économiques fait le bien commun. Cette vision est purement théorique car un agent économique n’a pas d’âme, pas de morale : il adapte son comportement pour maximiser ses bénéfices dans l’environnement spécifique où il évolue.

Pour que les choix individuels deviennent les générateurs du bien être général, il faut changer l’environnement ce qui changera le comportement. C’est à cette seule condition que la théorie pourra éventuellement rejoindre la pratique.

 Pour l’Etat, c’est une possibilité simple et peu coûteuse d’agir en profondeur sur le tissu économique Français puisque réformer la fiscalité ne demande aucun investissement majeur, si ce n’est un peu de temps et d’intelligence.
1 – Constat

a)      La chaîne économique de la prédation aveugle

 La fiscalité se résume à ponctionner une part de la richesse produite, quelle que soit le nom ou la forme qu’on lui donne :

. L’impôt sur les bénéfices représente l’archétype.

. Les taxes sur l’essence qu’utilise un commercial ou un travailleur sédentaire est une ponction directe sur sa richesse produite puisque c’est le déplacement physique qui en est le générateur (ses rendez-vous pour l’un, et le simple fait d’aller au bureau pour l’autre).

. La TVA est aussi une ponction sur la richesse produite. Elle est directement proportionnelle à la consommation, donc le pouvoir d’achat, expression monétaire de la force de travail.

Sachant que plus il crée de richesse, plus il en disposera une fois les prélèvements nécessaires réalisés, l’agent économique s’adapte et :

–    Cherche le moyen le plus efficace de produire des biens ou des services par des choix stratégiques d’augmentation de la rentabilité (délocalisation, mécanisation, sous-traitance, etc..).

–    Cherche à obtenir les matières premières au meilleur marché afin d’optimiser ses marges. Pour cela, il va user de corruption, de soutien aux dictatures, monnayer les droits de l’homme et fermer les yeux sur la gabegie des pays les moins développés.

–     Importe des produits manufacturés à bas coût pour augmenter artificiellement son pouvoir d’achat quand l’optimisation de la rentabilité plafonne.

–    Profite de la libre circulation monétaire pour optimiser sa fiscalité au moyen de sociétés écran ou de comptes à l’étranger afin d’échapper autant que faire ce peut à la ponction fiscale sur la richesse qu’il a généré.
 
Cette « chaîne alimentaire » aux effets néfastes, mise sous forme de bilan comptable sera, in fine, ponctionnée aveuglément par l’Etat, quel que soit le comportement de l’entité économique, éco responsable ou non, spoliatrice ou non, créatrice d’emploi ou non, utile ou pas.

b)      Amoralité du système : une prime aux comportements destructeurs.

Ce fonctionnement universellement accepté fait que plus l’entité se comporte « mal », plus ses bénéfices sont importants. Oui, le « mal » paie parce que le « mal » est la solution la plus efficace dans notre système archaïque.

 Ainsi, la somme des comportements individuellement financièrement positifs ne conduit pas au bien-être, comme annoncé, mais à son contraire :

 Rappelons-nous ce précurseur qui fit scandale : Michelin, pour sauver sa marge bénéficiaire, licencia 500 employés, y compris les commerciaux qui l’avaient hissé par leur force de travail à la place de leader mondial du pneu.

Pourquoi Michelin, cette entreprise symbole de la réussite économique Française, a-t-elle détruit ses ressources humaines?
Parce que licencier des travailleurs de qualité est un moyen efficace pour le maintien artificiel des bénéfices et la valorisation boursière.

Que penser du fameux contrat de dupe d’Arcelor Mittal, ou certains firent semblant de croire qu’une entreprise Indienne n’allait pas piller la technologie d’Arcelor pour la rapatrier dans son pays d’origine?

Ce comportement prédateur a causé la perte d’un avantage concurrentiel Européen, la disparition de centaines d’emplois, la baisse des ressources de l’Etat (impôts de l’entreprise et impôts des salariés) et une hausse des coûts sociaux (assurance chômage, formation, reclassement, etc.).

Pourquoi le patron de Mittal a-t-il menti? Hait-il les Français ?

 Nos partenaires commerciaux Indiens ne nous détestent pas. Ce n’est pas la raison de leur comportement. C’est, tout simplement parce que voler des technologies et détruire des emplois pour fabriquer dans un pays à la fiscalité et à la réglementation moins contraignante est, non seulement efficient, mais surtout récompensé financièrement dans la doctrine mondialiste.

c) Un prélèvement trop sévère des liquidités

 Dans un autre ordre d’idée,  l’absence de cash-flow des entités est la résultante de la taxation des liquidités au titre des bénéfices. Pourtant, c’est un excellent moyen de passer les périodes difficiles ou de répondre à des nécessités de financement sans pour autant être à la merci d’un système bancaire fragilisé par ses frasques mathématiques. Pour preuve, notre traditionnel taux d’épargne des ménages a limité la récession en 2009. Ce qui est bon pour une cellule familiale l’est aussi pour les TPE/PME.

Pourquoi générons-nous fiscalement une situation aux conséquences dramatiques en période de crise ?
Parce qu’en fiscalité traditionnelle, une réserve monétaire n’est pas une réserve, c’est une source de ponction. Malheureusement, le mouton Français est tondu si court qu’il doit emprunter un pull au banquier.

2 – Evolution conceptuelle : l’Acte de Bien Commun
La liste des conséquences néfastes d’une fiscalité basée sur la richesse créée, aveugle aux méthodes de production, à leurs conséquences et, osons le dire, à leur moralité n’est qu’à peine ébauchée par les exemples ci-dessus.

Cependant, dénoncer le grand capital, l’exploitation des hommes par les transnationales apatrides et la complicité de gouvernements fantoches inféodés aux forces de l’argent est une chose. Proposer une alternative crédible en est une autre.

Sans pour autant prétendre à l’exhaustivité, nous souhaitons offrir une piste de réflexion concrète afin de sortir la France de l’ornière et reprendre le chemin du progrès sur des bases nouvelles, solides et durables.
Nous demandons au lecteur de faire la chose la plus difficile qui soit dans notre monde de propagande et de désinformation permanente : s’abstraire de ses réflexes, ses a priori et de ses connaissances pour se concentrer sur une seule notion, base d’une nouvelle conception de la fiscalité:

L’Acte de Bien Commun (ABC)

Définition

 C’est l’acte d’une entité économique dont les conséquences concourent à l’augmentation du bien-être général, à l’augmentation de la richesse du pays et à la préservation de l’avenir en terme de ressources, de cohésion sociale et, plus généralement, tout acte ayant une altérité positive pour un pays et ses habitants.

En s’autorisant quelques largesses théoriques, cette définition s’approche d’un optimum au sens de Pareto :

 si chaque agent s’efforce de maximiser sa propre satisfaction, le système engendre une allocation d’équilibre. La recherche de l’optimum individuel des agents permet d’atteindre l’optimum collectif. Le système fiscal proposé ici permet cet optimum car il améliore le bien être d’un individu sans détériorer celui des autres.

C’est à partir de cette idée positive que nous allons proposer un nouvel abord de la fiscalité, non plus pensée en terme de ponction sur une richesse créée par tous les moyens, y compris les plus dégradants et destructeurs, mais pensée en terme d’évaluation des altérités des choix de l’entité économique.

 En résumé : Plus le choix stratégique de l’entité a des conséquences positives pour la population, moins elle paie d’impôts. Plus son comportement est néfaste, plus elle est imposée.

En effet, comme nous l’avons souligné, le « mal » paie uniquement parce que le système récompense le « mal ». Si le « bien » paie, l’agent économique (amoral par essence) fera le « bien » car c’est son intérêt. Voilà comment le bénéfice individuel peut rejoindre le bénéfice général.

Illustrons l’Acte de Bien Commun (ABC) par l’intermédiaire d’une problématique lourde de conséquences sociales:

 

3 – Une vision ABC du marché de l’emploi Français

a) Situation

 

 Sujet important dans une société Européenne où le chômage de masse est devenu la règle, permettant aux sociétés transnationales d’optimiser la richesse par la mise en concurrence des travailleurs occidentaux, non seulement entre eux, mais aussi avec ceux du monde entier, sans aucune nuance sur les niveaux de développement socio économiques.

Cette mise en coupe réglée de la force de travail qui ne profite qu’aux grands groupes, est concomitant au fait que créer un emploi en France est un investissement qu’il devient difficile de rentabiliser pour une TPE/PME pour des raisons connues de tous:

. coût du travail élevé malgré la faiblesse paradoxale des salaires nets
. faiblesse des marges nettes
. droit social « dangereux » pour la survie des petites entités économiques
. niveau de qualification réel en chute libre

Entre autres phénomènes…

Quel est le gain réel d’une création d’emploi quand on est une TPE/PME, un artisan, une profession libérale ? Objectivement, rapporté aux risques et aux contraintes, il est quasi nul. C’est comme si créer un emploi relevait désormais de la croissance appauvrissante !

Wikipedia définition de la croissance appauvrissante :
« En 1958, l’économiste indo américain Jagdish Bhagwati a montré que la croissance de la production induite par l’ouverture au commerce international pouvait se révéler appauvrissante pour le pays accroissant ses exportations[8]. En effet dans ce cas limite, il est possible d’avoir une « croissance appauvrissante » : la hausse de la production entraîne une dégradation des termes de l’échange sur les marchés mondiaux, dégradation provoquant une perte de revenu que la hausse du volume des ventes ne parvient pas à compenser si bien que le pays se retrouve à produire plus pour gagner moins. Dans ce cas des mesures tout aussi paradoxales telles que des taxes à l’exportation peuvent être profitables. Pour Jagdish Bhagwati ce paradoxe dérive le plus souvent d’un dysfonctionnement des marchés qui ne serait qu’amplifié par le libre-échange. »

Nous donnons ici notre propre définition de la croissance appauvrissante de l’artisan, commerçant français :

Nous montrons que la croissance de la production induite par l’embauche d’un salarié peut se révéler appauvrissante pour l’entrepreneur accroissant sa production. En effet dans ce cas limite, il est possible d’avoir une «croissance appauvrissante » : la hausse de la production entraîne une augmentation des frais généraux  provoquant une perte de revenu que la hausse du volume des ventes ne parvient pas à compenser si bien que l’entrepreneur se retrouve à produire plus pour gagner moins.  Pour nous, ce paradoxe dérive le plus souvent d’un dysfonctionnement de la fiscalité qui ne récompense pas l’entrepreneur ABC.
 
Des exceptions de réussites spectaculaires  existent : elles sont très souvent le résultat du travail de conseillers juridiques qui vont organiser la capacité de prédation de l’entreprise aux moyens des artifices légaux de l’économie ouverte (sociétés off shore), ou au moyen d’une forme de prédation illégale quelconque (travail au noir, évasion fiscale, etc.).

Ce n’est plus le travail qui enrichit mais le « jeu » autour des règles de spoliation. La conséquence d’un tel jeu n’est jamais un ABC et la courbe de Laffer («  trop d’impôt tue l’impôt ») se vérifie une fois de plus.

Nous ne considérons pas que les exceptions de réussites individuelles changent quoi que ce soit à la règle générale : actuellement, créer un emploi c’est d’abord créer des coûts, des risques et une surcharge de travail avant de créer une source de revenu supplémentaire.

Que ces faits soient contestables ou non, le vrai problème c’est que la conséquence de cette perception participe au chômage de masse.

Or, un marché de l’emploi où l’offre de travail est inférieure à la demande des entreprises est positif pour le bien commun : les coûts sociaux du chômage sont faibles, les gens sont indépendants financièrement, ils peuvent acheter, construire une famille, éduquer leurs enfants, consommer des biens culturels, faire des projets, s’élever socialement, s’assimiler plus facilement s’ils sont de nouveaux arrivants, etc. Ceux qui ont participé aux « Trente Glorieuses » ne pourront qu’approuver.

Ainsi, créer un emploi est un ABC. En détruire est un acte contraire au bien commun au sein de l’espace historique, géographique, administratif et linguistique qu’on appelle un pays, une nation. C’est pourquoi, nous proposons un premier outil fiscal favorisant les entreprises qui créent des emplois :

a) La double inscription comptable

Inscrire doublement une charge salariale en comptabilité c’est diminuer artificiellement la marge nette de l’entreprise, donc son imposition.

Exemple : un employé dont le coût total serait de 50.000€ serait inscrit à hauteur de 100.000€ en comptabilité, réduisant artificiellement l’imposition sur les bénéfices.

Ainsi, un employeur qui crée de l’emploi réduit sa part imposable au titre de l’I.S.. Cette aide ne nécessite pas de bureaucratie et l’impôt se récupère via l’I.R. et les taxes sur la consommation.

C’est aussi une incitation forte à la création d’un premier poste pour les TPE. Exempt d’effet de seuil, elle ne freine pas le développement et accélère l’amortissement de l’investissement en capital humain.

Au-delà de cette dimension comptable, il est bénéfique pour un citoyen de travailler, ne serait-ce que pour sa dignité individuelle, le bonheur de sa famille et ses opportunités de progression sociale. C’est en cela que créer un emploi est fondamentalement un ABC…

La double inscription comptable permet aussi une modularité à des fins de correction d’inégalités à l’accès à l’embauche : elle peut devenir une triple inscription comptable pour les personnes handicapées ou les seniors, par exemple. C’est un outil de soutien direct aux entreprises qui maintiennent / créent des postes adaptés aux salariés moins aisément employables.

Mais l’incitation n’exclue pas la sanction.

b) L’extraction du passif

Une entreprise licencie pour maintenir une marge bénéficiaire car c’est la solution comptable et fiscale la plus avantageuse. C’est aussi la plus négative pour le bien commun car elle détruit des vies, fait baisser les ressources de l’Etat, augmente la facture sociale, etc.

 L’extraction du passif consiste à ajouter au bénéfice imposable de l’entreprise la masse salariale qu’elle a soustrait pour la  convenance personnelle de ses actionnaires afin de rendre le choix du licenciement moins pertinent dans le cas des manœuvres boursières abusives puisque l’impôt sur les bénéfices détruira le gain espéré.

Cette mesure fiscale inverse l’absurde équation « Licenciement = Hausse de l’action ».

Dans les cas véritablement litigieux, on pourrait même envisager la double extraction… Nous vient spontanément à l’esprit le cas des délocalisations de convenance pratiquées par l’industrie automobile « Française » depuis des années…

c) Le facteur de représentation du corps social, modificateur du taux d’I.S.

Pour éviter la création de clivages dans la société Française, les luttes entre classes d’âge, assurer la transmission des savoirs et offrir la possibilité aux travailleurs d’avoir une carrière complète, la société privée fera un ABC si elle s’astreint à représenter la composition sociale Française (homme, femme, jeune, moins jeunes, senior, diplômés) dans ses effectifs.

En effet, en agissant ainsi, elle limite les effets de seuil dont sont victimes diverses catégories qui souffrent actuellement d’une discrimination à l’embauche pour des raisons parfois obscures (et parfois justifiées).

En admettant que cela représente un coût supplémentaire pour l’entreprise, il faut offrir la possibilité comptable d’obtenir une réduction de son taux d’Impôt sur les Sociétés si la pyramide des âges, le taux de CDI/CDD et la répartition homme/femme dans l’entreprise est conforme aux besoins du corps social.

Bien que cela ne puisse pas s’appliquer à l’ensemble des entités pour des raisons évidentes de quorum, c’est un outil incitatif pour les RH, totalement gratuit pour l’Etat et bénéfique pour assurer l’harmonie sociale, la formation interne, la transmission des savoirs entre génération, l’égalité de traitement et une hétérogénéité des personnels, source de richesse morale et intellectuelle.

Pour illustrer la pertinence de cette mesure, imaginons simplement une société dont 90% du personnel serait en contrat précaire, avec un turnover annuel de 50%, pas d’investissement dans la formation et une politique RH visant à « inciter » au départ les plus de 50 ans.

A l’opposé, nous avons une entreprise qui fidélise son personnel, lui offre des avantages sociaux, des formations et des salaires au-dessus des normes du secteur et qui s’attache à ce que chacun puisse évoluer en fonction des compétences acquises et de sa force de travail.

Dans le système spoliateur, c’est la première entreprise qui tirera son épingle du jeu car sa marge bénéficiaire sera la plus importante pour un taux d’imposition égal à sa concurrente.

Dans le système que nous préconisons, c’est la seconde entité qui sera gagnante car sa marge brute « rongée » par ses ABC, sera compensée, voire rétribuée, par la modification de son I.S..

d)      La baisse proportionnelle du taux de charge

Deux fléaux économiques frappent les travailleurs : l’écrasement de la pyramide des salaires couplé à l’apparition de l’effet sablier (beaucoup de salaires très bas, peu de salaires médians et quelques salaires très haut qui captent une grand part de la masse salariale globale.

La baisse proportionnelle du taux de charge favorise les entreprises qui offrent de meilleurs salaires que la moyenne de leur branche en diminuant le taux de charges sociales en proportion du delta entre cette moyenne et le salaire perçu. Un peu technique, soit, mais envisageable vu le nombre d’usines à gaz que notre administration a déjà su produire. En effet, tirer les salaires vers le haut, plutôt que vers le bas est un ABC car le salarié dispose d’un meilleur pouvoir d’achat qu’il réinvestit en consommation. C’est une façon de récompenser fiscalement l’entreprise, mais aussi de faciliter le dialogue social pour la répartition des bénéfices.

De plus, cela recrée une pyramide des salaires favorable à l’enrichissement progressif des classes moyennes, ferment de la bonne santé d’une économie et du moral des ménages, puisque l’investissement personnel dans le travail pourra être à nouveau source de récompense. Nous pouvons aussi espérer un retour de la hausse de la productivité (longtemps une spécialité française) par la qualité du capital humain de l’entreprise ABC et de ses relations sociales apaisées.
e) La taxe de contre sablier

 Taxation exponentiellement, en terme de charges sociales, des revenus manifestement disproportionnés par rapport à la pyramide des salaires de l’entreprise.

Afin d’illustrer notre propos, une entreprise dont le PDG (ou les cadres dirigeants) toucherait 10 fois le salaire moyen de l’entreprise échapperait à la taxe. Par contre s’il représente à lui seul 50 à 1000 fois le salaire de base, comme c’est parfois le cas, l’entreprise subirait une très forte taxation car le pendant économique habituel de cette politique salariale en sablier est la faiblesse des revenus des autres personnels.

Cette faiblesse globale des revenus n’est pas un facteur de bien commun car elle crée une masse de travailleurs pauvres que la communauté nationale est obligée d’aider financièrement. Ce dumping creuse le déficit, empêche les travailleurs Français d’être libres et ne profite qu’à quelques-uns au détriment de tous.

f) La réserve de préservation et d’investissement

Un autre ABC est le maintien de l’emploi en cas de diminution des commandes lors d’une crise. Pour cela, du cash-flow est nécessaire pour faire face aux charges fixes, alors que le CA s’effondre.
A ce jour, une entreprise n’a aucun intérêt à constituer des réserves pour protéger ses travailleurs d’un licenciement. Dans notre abord fiscal, cette réserve de préservation pourrait venir en déduction complète du bénéfice (voire plus pour les investissements au-delà d’un certain pourcentage du CA).
L’objectif est de limiter les licenciements lors des ralentissements courts de l’activité. Si cette mesure, à l’échelle nationale, permet de réduire ne serait-ce que de 20% les licenciements conjoncturels, c’est un facteur, non seulement de stabilité pour les ménages, mais aussi de relance plus rapide de la croissance.

On peut aussi étendre ce principe à la réserve d’investissement pour limiter l’exposition de l’économie Française au risque systémique que représente la finance internationale.

En effet, l’absence de cash-flow oblige l’entreprise à solliciter systématiquement les banques pour son développement, ce qui entraîne deux effets négatifs majeurs :

–    elle dépend à 100% du bon vouloir de l’industrie financière et de ses déboires (confère la crise actuelle).
–    Elle paie plus cher ses investissements puisqu’elle est redevable des taux d’intérêts.

En favorisant fiscalement le cash-flow d’investissement, on :

. rend l’entreprise moins dépendante du système financier international.
. accélère l’innovation sur le long terme du fait d’une plus grande indépendance des entités économiques.
.  réduit le coût de la recherche et développement du montant des intérêts de la dette.

Le contexte de la crise financière de 2008-2009 justifie à lui seul la pertinence de cette mesure.

Vous voyez qu’il est possible de créer un environnement fiscal favorisant non seulement la création d’emplois, mais aussi la préservation des postes productifs au sein de l’entreprise tout en permettant à l’entité économique d’être récompensée pour cette gestion de « bon père de famille ».

 Le court-termisme consommateur de destins individuels n’est pas une fatalité. L’environnement fiscal prédateur en est la cause : supprimons la cause, nous supprimons les effets négatifs.

C’est le rôle de l’Etat que de donner l’impulsion juridique à cette nouvelle façon de voir le monde du travail, ainsi que le lien entre l’entreprise installée en France et la Nation.

 Continuons maintenant notre démarche en abordant un autre aspect de cette nouvelle philosophie fiscale. En effet, le tout n’est pas seulement de produire et de favoriser la création d’emplois mais il faut aussi se pencher sur les modes de production, leur intérêt :

4 – Une vision ABC de la durabilité de la croissance

 Le principe du développement durable se résume, grosso modo, à laisser le pays au moins dans un état aussi propre que quand on y est entré. Ainsi, l’activité économique se pense dans la durée, pour soi, les siens et les générations à venir au sein de notre espace de vie.

L’accent mis sur la réduction permanente des coûts de production et sur l’apatridie des entités économiques (rachetables par tous, transférables n’importe où et sans implication dans les espaces nationaux) rend évident le choix stratégique de la prédation des hommes et des ressources naturelles au sein des environnement fiscaux et législatifs les plus favorables.

Dans ces conditions, comment parler sérieusement de développement durable? Comment espérer une attitude citoyenne de la part d’entreprises transnationales? En faisant en sorte que la positivité sociétale des stratégies d’entreprise devienne un facteur d’augmentation de la rentabilité.
a) Préférence géographique de production (PGP)

En créant un système de bonus malus de TVA,
. sur l’origine géographique d’un produit ou d’un service
. sur le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur

on favorise
. une relocalisation des activités
. les cycles courts qui tendent à baisser le coût final d’un produit
. la concurrence car des points de marge seront à nouveau disponibles
. la recréation de gisements d‘emploi au niveau local

 Il est à noter que la PGP limite la création d’entités économiques intermédiaires domiciliées dans les paradis fiscaux, source première de l’évasion fiscale.

Cette incitation à diminuer les transports et les manipulations artificielles des biens est aussi bénéfique pour l’environnement car elle freine la consommation d’énergies fossiles et recentre la production dans une zone juridique où les normes environnementales permettront à nos enfants de jouir d’un pays en bon état.

Par ailleurs, freiner l’emballement économique à l’export des PED est une mesure de salubrité publique internationale car la conséquence immédiate d’une telle politique sera le développement de leur marché intérieur afin d’y écouler les surcapacités.
 
Pour mémoire, le plan de relance 2009 de la Chine a consisté, pour partie, à permettre aux citoyens Chinois de réallouer leurs revenus de l’épargne vers la consommation intérieure…

b) Double inscription d’optimisation énergétique des productions

La France n’est pas un pays riche en matières premières. Par conséquent, elle doit compter sur sa technologie, mais aussi sur sa capacité à optimiser fiscalement l’utilisation de ses achats pour équilibrer sa balance commerciale (-50 milliards d’Euros par an, à ce jour).

En autorisant la double inscription comptable des recherches / investissements en matériels économes en énergie (ou dans l’utilisation des matières premières), on incite l’entreprise à faire un ABC en faveur de notre balance des paiements, donc de notre dette, et en faveur de l’environnement, tout en lui permettant de réduire ses coûts de production à terme.

c) Préférence Énergétique et Innovatrice (PEI)

Sur le modèle de la préférence géographique, il est possible d’augmenter la rapidité de diffusion de nouvelles technologies utiles socialement, médicalement, techniquement, en compensant l’effet de frein du prix de la nouveauté.
Bien que dans notre philosophie fiscale, la R&D impacte moins les résultats financiers de l’entreprise, il n’en reste pas moins que les produits nouveaux restent toujours plus coûteux que les technologies amorties.

Théorie des rendements d’échelle
Les rendements sont croissants lorsque la production varie de façon plus importante que la variation des facteurs de production utilisés. La production d’une unité supplémentaire s’accompagne alors d’une baisse du coût unitaire, et la même quantité de facteurs permet de produire plus. On parle dans ce cas là d’économie d’échelle

En baissant la TVA des produits nouveaux répondant à des critères d’augmentation réelle du bien commun, on en assure mécaniquement une diffusion plus rapide, soit parce que le point d’équilibre financier est plus rapidement atteint (dans une politique de prix hauts), soit les volumes de ventes sont plus importants (politique de prix bas).

C’est un moyen de créer une situation de concurrence tarifaire entre entreprises dans les politiques de diffusion de la nouveauté, dans laquelle, à notre humble avis, celle de diffusion large sera généralement gagnante, hors quelques niches spécifiques.

Nous ne prendrons qu’un exemple pour justifier de l’intérêt de la PEI en politique de prix bas:

Imaginez un nouvel équipement d’éclairage performant qui permet de diminuer la consommation électrique de 80% sans nuire au confort des utilisateurs. Du fait de son coût de développement et de son nécessaire amortissement, le prix sera automatiquement plus élevé qu’une ampoule classique.

 Si la TVA de ce produit plus performant est fixée à 1% au lieu de 19.6%, on augmente le nombre d’acheteurs potentiels.

L’entreprise a pris des risques financiers, investi pour créer un objet utile. Le système la récompense en lui permettant d’augmenter ses ventes et d’amortir ses investissements plus vite,  ce qui lui offre la possibilité de réinvestir rapidement dans une technologie plus performante afin de continuer à bénéficier de la PEI.

En effet, la PEI est une exonération de TVA qui va en diminuant à chaque exercice fiscal pour inciter les entreprises à aller toujours de l’avant pour le bien commun. La PEI peut être perdue si un concurrent offre au marché un produit supérieur. C’est un aiguillon fiscal dont le bénéficiaire est le citoyen.

Elle peut s’appliquer à quasiment tous les domaines du bien commun et pousser notre pays vers l’innovation permanente utile et non pas futile : La France et le Monde n’ont actuellement pas besoin de la Play’ 25, mais d’une évolution des technologies favorables au développement humain pour répondre aux vrais enjeux de demain : la surpopulation et la nécessaire mutation énergétique.

d) Taux de recyclabilité des produits

La gestion des déchets est coûteuse pour la collectivité, génère des nuisances et de la pollution. En faisant varier le taux de TVA des biens en fonction de leur taux de recyclabilité, l’on favorise les sociétés faisant l’effort de recherche (ou de packaging) permettant à la communauté de réduire ses coûts de gestion des déchets. Nous en profiterions tous et des moyens seraient dégagés pour d’autres actions peut-être plus utiles ou simplement plus agréables. C’est aussi un accélérateur de l’innovation de la science des matériaux puisque actuellement de nombreuses avancées dans ce domaine sont ralenties par un coût d’industrialisation prohibitif, donc un faible intérêt financier en fiscalité archaïque.

Synthèse des avantages de la fiscalité du bien commun
 

 

Cette philosophie fiscale brièvement exposée va bien plus loin qu’un simple remodelage puisqu’elle inscrit l’entreprise au sein du paysage national comme un facteur de bien-être.

Pour l’entreprise, la rentabilité passe désormais par une politique de sociabilité.

Plus les actes sont « vertueux », plus la marge augmente et moins l’Etat consacre de ressources pour compenser l’impact social de la prédation, qui, de facto, tend à disparaître pour le bénéfice de tous.

Les quelques exemples brièvement développés ne représentent qu’une infime partie de ce qui est pensable, réalisable. Ils ne sont là que pour offrir une ouverture intellectuelle, concrétiser une autre forme de pensée.
Le concept d’Acte de Bien Commun n’enlève en rien l’esprit de concurrence, ni ne crée de rente de situation, préjudiciable à long terme.
Socialement, il révolutionne le rapport patron / employé et lisse les éventuels différences de productivité entre les travailleurs.
Techniquement, c’est un moteur de croissance par l’innovation utile car les produits pourvoyeurs de bien commun deviennent plus avantageux à concevoir.
Ecologiquement, elle permet d’optimiser l’utilisation des ressources naturelles sans être un frein au développement.
Economiquement, elle favorise l’emploi local, la concurrence entre partenaires égaux et l’industrie nationale.
Politiquement, elle résout plusieurs des interrogations que se posent les peuples quand à la gestion de la mondialisation et les abus manifestes des groupes financiers transnationaux.

Bien entendu, les sots et les valets du système crieront à la folie d’une telle conception dans un univers de concurrence exacerbée où le moins disant social et la destruction des ressources est la règle pour gagner de l’argent vite et « mal ».

A l’amnésie historique, ils ajoutent un conformisme absolu dont ils seront eux-mêmes les  victimes: il n’y a pas si longtemps, les marchés de titrisation n’existaient pas et des pans entiers de l’économie étaient administrés. Il existait des frontières et une préférence communautaire en Europe. Le chômage était bien plus bas et notre balance commerciale bénéficiaire. L’Etat pouvait encore investir et les entreprises s’identifiaient par leur origine nationale.
La fiscalité n’est pas figée : elle évolue chaque jour, tout le temps et il suffit de réfléchir quelques instants pour comprendre qu’une entité économique n’a pas d’âme, pas de morale : elle adapte son comportement pour maximiser ses bénéfices dans l’environnement spécifique où elle évolue.

Changez l’environnement et vous changez le comportement :

Si travailler nu rapporte plus, l’entreprise sera naturiste. Si travailler humainement rapporte plus, l’entreprise sera humaniste.

Ce n’est qu’une question législative qui doit s’inscrire dans une nouvelle appréciation du sens des échanges commerciaux : l’objectif de l’humanité n’est pas l’exploitation de l’homme par l’homme, mais une progression éternelle issue de la collaboration avec autrui au sein de l’entité géographique et historique que l’on nomme Nation.