Comment réindustrialiser la France?

Comment réindustrialiser la France par le retour au Franc ?

Contribution de BarSan

 A – Les raisons : les limites du libre échange.

 Depuis une vingtaine d’années, nous avons constaté que seul le libre-échange devait faire loi dans les échanges internationaux. Il est devenu politiquement incorrect d’évoquer toute forme de protection.

 Maurice Allais dira du libre échange : « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années ».

 La crise financière mondialisée que nous connaissons aujourd’hui permet enfin à nos experts de s’exprimer. Nos économistes expliquent que la théorie du libre-échange est «fallacieuse».

En effet, celle-ci s’appuie sur la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, modèle qui a été développé dans un environnement purement théorique.

Notre économie globalisée regroupe non pas 2 pays mais un très grand nombre et l’hypothèse d’immobilité des facteurs de production au niveau international n’est pas remplie. C’est donc en s’appuyant sur un auteur vieux de 200 ans que nous avons ruiné notre industrie contemporaine.

 Wikipédia nous dit à propos de la théorie des avantages comparatifs : «Généralement à la base de l’enseignement de l’économie internationale, cette théorie vieille de deux siècles n’a pas de réfutation formelle. C’est le credo officiel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). »

 La crise financière de 2008 est pourtant une réfutation « formelle » qui nous incite à proposer une réforme monétaire néo-protectionniste.

Elle sera nécessaire pour permettre à notre nation de sortir du chômage structurel, de la baisse du pouvoir d’achat…Nous retrouverons alors l’équilibre de la balance commerciale et de notre budget national.

 1-« Les théories de la mondialité »

 Gérard Dussouy, professeur à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV, nous révèle que le libre-échange n’est pas un jeu à somme positive où tous seraient gagnants.

 a)Les bénéficiaires du libre échange et de la globalisation :

  • Les grands oligopoles mondiaux
  • « La super classe mondiale » : selon un rapport de l’ONU de 2006 , 10% de la population mondiale contrôlait 85% des richesses, 2% en possédaient la moitié et 1% en détenaient 40%. Seulement 6000 personnes appartiendraient à cette super classe.
  • Les pays émergents (Inde, Chine…)

 b) Les perdants :

  • Les pays dits développés
  • Les classes moyennes et populaires de ces mêmes pays paupérisées par les délocalisations industrielles vers la Chine, les délocalisations des services vers l’Inde ou le Maghreb, les délocalisations technologiques dans le cadre de contrats ou d’acquisitions ( ex Arcelor-Mittal).
  • Les agriculteurs du Nord et les consommateurs du Sud. Nos agriculteurs disparaissent et le phénomène va s’amplifier avec les luttes liées aux subventions ( nous ne développerons pas ici le risque couru par une nation qui ne peut pas nourrir sa population). L’autosuffisance disparaît au Nord sans pour autant apparaître au Sud, les producteurs locaux privilégiant les productions agricoles vouées à l’exportation dans le but de s’enrichir et dans le mépris total de leurs compatriotes.

2- Les propositions

 La crise financière que nous connaissons aujourd’hui démontre les risques liés à une « hyper-globalisation ». L’interconnexion de nos économies a permis la propagation à travers le monde de la pandémie « crisale ».

 Quel vaccin proposer?

  • la politique monétaire? il faut l’autorisation de M. Trichet !
  • la politique budgétaire? Difficile avec notre taux d’endettement et quand bien même, nous décidions de creuser le déficit, le résultat serait nul : nous connaissons les effets d’une politique par la relance de la consommation dans une économie globalisée : chacun se remémorera l’échec de M. Mauroy en 1982 qui par l’augmentation du budget français a permis une croissance de la demande.

Hélas, une part importante de cette nouvelle consommation s’est tournée vers des biens étrangers. Les importations ont alors explosé, le déséquilibre de la balance commerciale s’est aggravé, cela dans un contexte d’augmentation du déficit public. L’état français et ses contribuables ont donc participé à la croissance du PIB de nos partenaires commerciaux.

 On nous a alors expliqué que pour fonctionner les politiques budgétaires devaient être européennes. Votez « oui » au référendum de Maastricht, l’Europe pourra alors mettre en place une politique commune de grands travaux européen, d’inspiration keynésienne et relancer l’emploi des «douze ».

Nous avons voté « oui » : que s’est-il passé? L’Europe s’est tournée vers l’Est et a intégré d’autres pays, beaucoup moins riches. Une fois encore, au lieu de donner un emploi à nos travailleurs, ils ont été mis en concurrence avec des pays à main d’œuvre bon marché. Les signataires du traité de Maastricht nous ont trahis.

 On ne peut que constater la perte de notre souveraineté sur le plan économique. Sans reprise en main de notre capacité à décider de l’avenir, nous mènerons notre pays à la faillite. Nous devons rembourser la dette. Dans le cas contraire, le risque d’insolvabilité nous guette et nous entraînerons nos créanciers dans notre chute, le monde entier paiera les conséquences de notre incurie. La maîtrise de notre avenir pourra se faire avec l’Europe si elle accepte le rétablissement de la préférence communautaire et les barrières douanières à l’entrée de son espace.

 Nous considérerons ici  l’hypothèse où l’Europe, dans un premier temps, ne nous suit pas et s’offusque de nos propositions concernant ce retour.

La France qui commence à prendre conscience que l’économie doit être au service de l’humain et non le contraire s’appuie sur les travaux de son unique prix Nobel d’économie, Maurice Allais qui écrivait les lignes suivantes en décembre 2009 : (1)Article paru dans Marianne

 « Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres – si ce n’est des écarts plus importants encore – pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants. »

 L’Europe ne veut pas de la préférence communautaire, par conséquent, la France établira  la préférence nationale. Nous voilà isolés: nous sommes désormais le seul pays occidental ayant décidé que le bien être de sa population doit être la priorité. Il nous faut donc retrouver la croissance économique.

Nous avons vu qu’une relance par la demande n’est pas efficace, car cette nouvelle demande profite principalement à nos partenaires commerciaux. Nous proposons donc une relance de la «demande interne» : la hausse de l’investissement intérieur qui en découlera, permettra l’équilibre sur le marché de l’offre et de la demande, ceci, sans accroître le déficit budgétaire.

 Comment rediriger la demande vers les produits nationaux?

Par un retour partiel au franc. Partiel, car le franc se cantonnera à son rôle de monnaie nationale au service des populations, du bien de tous et non pas au seul service des financiers qui n’ont cure des effets pervers de leurs comportements complètement délirants à propos desquels André Gandillon dit, dans « L’alternative à la crise mondialiste ».

 «Fait d’une extrême gravité, cette situation a suscité une activité financière et monétaire toujours plus déconnectée de l’économie réelle, celle qui se rapporte à la production et à la fabrication de biens matériels. Pour en avoir un ordre de grandeur, il suffit de savoir que les transactions suscitées par l’économie réelle (biens et services, commerce international) représentent au plus une part de l’ordre de 3% des transactions mondiales totales. Quant aux marchés de capitaux traditionnels, leur part dans cet océan de signes monétaires ne dépasse pas les 4%. Ainsi, plus de 90% des flux financiers de la planète concernent des opérations financières de spéculations, de couverture de risques, d’arbitrages, les marchés des produits dérivés en absorbant la plus grande partie. Il apparaît dès lors que l’économie réelle productive , devient en quelque sorte l’otage de la sphère financière mondialisée et globalisée. »

 Rôle partiel enfin, car l’Euro est conservé pour les échanges internationaux, pour les voyages à l’étranger de nos compatriotes, pour l’importation des biens intermédiaires ou des produits finis que nous ne pourrons pas produire immédiatement de façon efficace…

 Certains pensent que ce retour n’est pas possible car dans l’état actuel de notre économie, notre franc ne vaudrait pas 6.55957FF pour 1€, mais bien moins ce qui augmenterait de façon proportionnelle notre dette exprimée en euros (on peut se poser la question de notre présence dans la zone euro : nous voici maintenant avec le poids supplémentaire d’ une monnaie surévaluée).

Afin d’éviter le risque d’augmentation du coût de la dette, nous proposons que notre monnaie nationale ait non seulement une valeur fixée à 1€=6.55957FF mais aussi que le franc ne soit convertible que sous certaines conditions.

Nous ne sommes pas les premiers à proposer un retour au franc. Notre différence se fera sur… 

 B- Les méthodes

 Le retour au franc se fera en parallèle d’une politique de substitutions aux importations.

 Rappel : la substitution aux importations s’appuie sur des barrières à l’entrée du pays, cela permet aux entreprises nationales de produire ce qui était précédemment importé. Le pays retrouve alors une indépendance par rapport au reste du monde et une croissance économique intérieure. Les limites de cette politique dans les pays en développement sont liées au marché intérieur qui est assez restreint et au pouvoir d’achat des populations qui peut être réduit.

 Cette politique habituellement utilisée par les pays en développement désirant développer leur industrie naissante permettra de sauver notre industrie mourante sans souffrir des limites vues ci-dessus. En effet, notre marché intérieur existe déjà et notre pouvoir d’achat est supérieur à celui des pays en développement.

Cette initiative à l’instar des autres politiques de substitutions aux importations devra être temporaire. Elle sera d’autant plus courte qu’elle sera mise en place le plus tôt possible. Plus nous attendrons, plus nous aurons perdu de compétences industrielles et plus le retour à la compétitivité sera difficile. Dès que l’objectif de compétitivité industriel sera retrouvé, nous nous ouvrirons à nouveau au marché mondial.

 Comment allons nous mettre en place cette politique de substitutions aux importations ?

Nous ne mettrons pas forcément de droits de douanes supplémentaires à l’entrée de notre pays. Les biens, les personnes et les services circuleront librement. Seuls les francs que nous remettons en service verront leur mobilité réduite. Nous nous inspirons du modèle chinois qui associe fixité des changes et autonomie de sa politique monétaire par une limitation des mouvements de capitaux.

Nous désirons que les francs qui remplaceront une partie de nos euros, soient distribués dans notre pays uniquement. Ils devront être dépensés au sein du marché national au profit des producteurs locaux. Leurs revenus ainsi assurés, ils pourront à nouveau se concentrer sur des investissements productifs sur notre territoire.

La lettre de l’OFCE 2006, dit: 

« En Chine, ……..les opérations en capital restent soumises à autorisation…….. »

Face au triangle d’incompatibilité de Mundell, la Banque populaire de Chine a maintenu une politique monétaire autonome et un change fixe en renonçant à la liberté des mouvements de capitaux…La régulation du crédit en Chine se fait principalement par le contrôle quantitatif et le rationnement »   

wikipedia dixit:

1986 : La Chine revient sur un ancrage avec quelques rares mais importantes dévaluations. Mais la principale réforme est la limitation des entreprises à détenir des devises. Elles ont obligation à échanger leurs devises contre des yuans. Les autorités créent alors des droits de rétention des devises. Les entreprises exportatrices qui obtiennent ces droits grâce à leurs rentrées de devises peuvent les utiliser pour leurs importations ou les revendre à d’autres entreprises importatrices. Il s’établit alors un marché du « SWAP de rétentions de devises » (rien à voir avec marché de SWAP actuel) avec un taux interne différent du taux de change officiel.  

Cette idée de «marché de détention de devises» mérite d’être reprise tout en conservant un taux de change interne identique au taux de change officiel ceci sans obligation de conversion des euros en FF, mais sans possibilité de conversion des FF en euros (sauf accord de la Banque De France BDF).

1- retour du franc dans les porte-monnaie

 Etape 1 : Réinjection de FF

 A partir du 01/07/20.. le plus tôt possible, chaque français peut ouvrir un compte en franc chez son banquier habituel car, à partir du 01/09/20.., les diverses allocations ( allocations logement, familiales, adultes handicapés, parent isolé, RSA, indemnités journalières, pensions d’invalidité, chômage…), les retraites et les traitements des fonctionnaires seront versés en FF au taux de 6.55957FF pour 1 euro.

  Le consommateur, comme à son habitude, ira dépenser sa nouvelle monnaie au supermarché. Il pourra dépenser les euros du mois précédent de la même façon que les FF du mois en cours. On rappelle que son pouvoir d’achat est resté constant.

 Etape 2 : Dépense des FF par le consommateur

 Afin de faciliter la compréhension, nous illustrons notre propos par l’exemple de la chaîne de supermarchés.

Le consommateur (fonctionnaire, retraité ou allocataire) règle ses achats avec ses FF. Le magasin entre alors en possession d’une recette en FF qu’il devra dépenser au sein de l’espace économique français. En effet, cette monnaie n’est pas convertibles en euros (sauf  conditions BDF), elle ne pourra pas quitter notre espace économique (on verra comment plus loin).

 Etape 3 : Dépense des FF par le distributeur

 Le magasin, afin d’écouler les FF accumulés, va donc s’adresser aux producteurs locaux. Il achètera des laitues cultivées en France, plutôt qu’en Belgique. Les tomates ou les fraises seront issues de l’agriculture française et non pas espagnole ou autre. Par ailleurs, les techniques modernes permettent de produire toute l’année différents types de produits. Ceux qu’il sera impossible de cultiver en France dans de bonnes conditions seront importés. De la même façon, le magasin s’adressera aux industries agro-alimentaires et autres présentent sur le territoire.

 Les carnets de commandes de nos différents producteurs vont se remplir. Avec la hausse de la demande et des chiffres d’affaires, nous assisterons au retour de l’emploi, de l’investissement et de la productivité ce qui facilitera à terme notre retour sur la scène mondiale.

 Une certaine marque de sauce tomate dite française n’importera plus ses tomates de Chine pour mieux nous vendre un produit français qui n’a de français que les méthodes de transformation et le nom. Pendant ce temps-là, nos agriculteurs meurent (cf théorie de la mondialité vue plus haut). Les écologistes y verront l’économie de CO2 et nous rejoindront sur ce thème.

Lors de ces 3 premières étapes, le reste de la population active est toujours payé en euros. Les plus dynamiques des employés du privé, pourront ouvrir un compte en FF et verser leur salaire en euros qui sera converti immédiatement.

 Etape 4 : Dépense des FF par le producteur

 Les producteurs évoqués plus haut détenant une trésorerie en FF devront à leur tour les utiliser. Ces FF serviront à l’investissement, à l’achat de biens intermédiaires mais également au règlement des salaires. De fait, ils créent une nouvelle demande de produits semi-finis en FF, introduisant ainsi la monnaie nationale dans les activités de transformations intermédiaires.

 Etape 5 : Salariés du privé payés en FF

 Rapidement, tout le tissu économique sera en possession de FF qu’il faudra dépenser dans les chaînes de distribution interne qui elles même se fourniront dans les chaînes de production interne. La boucle est bouclée par un retour à l’étape 2.

 Ainsi, la circulation de la monnaie activée par l’injection de FF via les allocations, les retraites et les rémunérations des fonctionnaires, permet au FF de s’étendre rapidement à l’ensemble des consommateurs. Nous n’avons pas augmenté le déficit, car il n’y a pas de dépense supplémentaire et nous n’avons pas fait fonctionner la planche à billet.

 Nous espérons retrouver nos producteurs locaux : l’industrie avec ses magasins d’usine, l’agriculture avec ses maraîchers de proximité. Eventuellement, la grande distribution pourra même se diversifier en finançant un réseau production-distribution : certaines chaînes de distribution d’articles de sport possèdent déjà leur marque distributeur. Il suffira de passer ses commandes en France plutôt qu’en Asie du Sud-Est.

Les conditions de conversion de la Banque de France :

1.      Les particuliers :

  • Toute personne voyageant à l’étranger.

2.      Les professionnels :

  • Toute personne voyageant à l’étranger.
  • nécessité d’importer des matières premières qui ne sont pas produites en France ou dans des conditions jugées inefficaces.
  • nécessité d’importer des biens intermédiaires qui ne sont pas produits en France ou dans des conditions jugées inefficaces.
  • nécessité d’importer des biens finis qui ne sont pas produits en France ou dans des conditions jugées inefficaces.

Cette liste pourra être complétée par la BDF au fil des demandes qui lui sembleront justifiées. 

 

2- Les effets :

  • Augmentation de l’emploi et réduction du chômage : par l’incitation à produire localement et le retour d’une vraie croissance du PIB.
  • Réduction du déficit public par la baisse des dépenses : économies réalisées en matière d’aides sociales avec le retour à l’emploi de notre population.
  • Réduction du déficit public par l’accroissement des recettes: nos producteurs retrouvant une demande, produisent plus et malgré la baisse de la fiscalité proposée par un article ami, les recettes fiscales augmentent.
  • Amélioration de la balance des paiements : par la baisse des importations.
  • Amélioration de la balance des paiements : par la hausse à terme des exportations (la hausse de la production permet la croissance des exportations).
  • Réduction du CO2 : par la limitation du transport des marchandises. Seules les marchandises que nous ne pouvons pas produire de façon efficiente sont importées.

 

3- Pour mieux vous convaincre :

 Pourquoi ces « pauvres » fonctionnaires et allocataires sont-ils les seuls « touchés »?

On a vu que rapidement une grande partie de la population sera rémunérée en FF. De plus, le paiement en FF des traitements n’est pas une punition. Si, un fonctionnaire, un retraité, un allocataire a besoin d’euros pour un voyage, il les convertit à la BDF. Cela n’a rien d’extraordinaire, nous avons fonctionné ainsi jusqu’en 2001.

Nous y voyons même des avantages car le taux est fixé au moment de la conversion FF-euro et sera le même pour le retour euro-FF, pas de surcoût liés ni aux taux de change, ni aux frais retenus par les banques (car seule la BDF fera le change). Il y aura un guichet BDF dans tous les bureaux de poste.

Pour les épargnants détenant des FF, nous créerons un livret A en FF qui sera cumulable avec le livret A en euros. Les banques assureurs pourront également proposer des comptes sur livret en FF.

 Les producteurs nationaux vont-ils profiter d’un monopole et d’une nouvelle rente ?

Nous rappelons que l’euro reste en circulation aux cotés de la monnaie nationale. Les distributeurs seront toujours en possession d’euros qu’ils utiliseront comme bon leur semble. S’il est impossible d’acheter des laitues à un coût raisonnable, rien n’empêche la chaîne de supermarchés de s’adresser aux autres producteurs.

Si, cela ne suffisait pas, et que nos producteurs devaient user de cartels, deux solutions sont envisageables : soit la Banque de France permet une convertibilité supplémentaire des FF en euros afin que les importations assurent la libre concurrence, soit nous imposons une politique de réglementation des prix sur les biens de première nécessité.

Dans le cadre d’une substitution aux importations, d’un besoin de« réindustrialisation » et de la recherche de l’indépendance alimentaire nous privilégierons la seconde.

 Les capitaux français et étrangers investis dans notre pays vont-ils nous quitter ?

Nous ne croyons pas à un retrait des investissements en France. Au contraire, nous aurons un afflux de capitaux étrangers sur notre sol, car pour accéder à notre marché de 60 millions de consommateurs, il faudra produire sur place.

Un seul exemple : l’installation de l’usine Toyota en 2001 dans la région valenciennoise. Pourquoi croyez vous qu’une marque japonaise s’installe dans le Nord de la France ?

Article de l’humanité du 04/01/2003 : « Elle y a trouvé un accès plus aisé et dédouané aux marchés français et européen, une main d’œuvre jeune et encore compétente. « Son ambition était de produire avec des ouvriers dont la moyenne d’âge est tout juste de vingt-huit ans – une première dans le monde automobile – 184 000 Yaris par an au rythme d’une voiture à la minute ».  

Résultats :

  • 2500 emplois créés chez Toyota qui a même aidé au relogement de 480 salariés. (5). Article de l’humanité du 04/01/2003.  En 2009, les employés sont au nombre de 4000
  • Un impact économique pour 300 entreprises, dont 154 équipementiers. (5). Article de l’humanité du 04/01/2003
  • Installation d’équipementier sur la région, ouverture d’une usine de production de pièces de rechange et d’une usine de plasturgie fabricant des pare-chocs en face de l’usine Toyota.

 Si nécessaire, nous sauverons toute entreprise de plus de 200 employés en réelles difficultés par la nationalisation. Chaque fois que ce sera possible, les dirigeants resteront à la tête de l’entreprise qui sera à nouveau privatisée dès le retour à la rentabilité.

Quant aux entreprises tentées par une fuite à l’étranger, nous leur expliquons que nous sommes en situation de crise économique très grave. Nous comparons l’état de notre économie à l’état de guerre et qui dit « état de guerre » dit « réquisition ». La « super classe mondiale » doit comprendre que nos politiques élus par le peuple sont les seuls à pouvoir diriger notre pays. Ils doivent retrouver le pouvoir que la finance et les financiers leur ont confisqué. Les deux, trois dernières décennies ne sont qu’un passage de l’histoire qu’il faut dépasser.

 Comment faire pour que la monnaie nationale ne quitte pas notre espace économique ?

Les chèques en FF ne seront endossables qu’en France sur des comptes en FF, les cartes bancaires en FF ne seront utilisables qu’en France. Rappelez vous nos premières cartes bancaires, nous choisissions une carte nationale ou internationale, celle-ci sera nationale. Les mandats en FF vers l’extérieur du pays ne seront pas autorisés. La Banque de France autorisera la conversion de FF en euros en cas de besoin (ex : votre fils est en Espagne, il a perdu sa carte bleue, s’est fait volé les euros qu’il avait converti pour le voyage, vous pourrez lui envoyer des FF convertis en euros).

Conclusion :

Notre objectif dans cet article était de démontrer qu’il est possible de sortir de la pensée unique dans laquelle nous sommes plongés depuis trop longtemps. Chaque fois qu’une voix s’élève, elle est critiquée par des « non-scientifiques » ( les journalistes dits spécialisés, certains politiques, diverses associations…) qui imposent leurs points de vue en s’appuyant sur de bons sentiments qui n’amènent que des effets pervers. Le temps est venu de changer de paradigme, celui du tout libéral a atteint ses limites. La main invisible l’est tellement qu’on ne la voit plus.

La France a-t-elle vocation à devenir anglo-saxonne ou peut-on encore s’appuyer sur l’état providence ?

 Il faut à nouveau penser au bien des populations, les nôtres mais également celles des pays en développement que nous privons de leurs ressources par nos importations qui génèrent une hyperspécialisation et mettent ces populations à la merci de la baisse de nos commandes.

Nous espérons avoir démontrer que nos propositions sont techniquement faisables et économiquement souhaitables.

Il convient d’indiquer au lecteur que cette politique de limitation de conversion du FF doit être provisoire. Une fois la puissance industrielle retrouvée, le chômage structurel vaincu, si l’euro nous offre toutes les garanties nécessaires, nous pourrons reconvertir nos FF en euros, ou bien décider de conserver notre monnaie nationale avec un taux de change libre.

 Dans le cadre de cette politique de réindustrialisation, nous pourrons réfléchir à l’intérêt de plans quinquennaux inspirés des Plans Monnet, mis en place en France de 1946 à 1975 qui ont justement permis l’industrialisation moderne de la France que nous avons depuis en partie détruite.

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